Mentions obligatoires et interdites, date de remise, modèle, différence avec l'attestation de travail et l'attestation France Travail, recours en cas de refus de l'employeur : le point en 2026.

Par Avocats de Confiance · Publié et vérifié le 25 octobre 2026. Le certificat de travail est une pièce obligatoire que l'employeur remet au salarié à la fin de son contrat, quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, intérim) et le mode de rupture : démission, licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD ou fin de période d'essai. Il atteste de la date d'entrée, de la date de sortie et des postes occupés. Son absence ou son retard expose l'employeur à une sanction pénale et, en cas de préjudice, à des dommages et intérêts.
Ce guide fait le point en 2026 sur la définition et le contenu du certificat, les mentions interdites, la date de délivrance, la différence avec l'attestation France Travail, le solde de tout compte ou une simple attestation d'emploi, et les recours possibles quand l'employeur refuse de le délivrer. Chaque règle renvoie au Code du travail ou à la fiche officielle de Service Public, vérifiée le 12 mars 2026.
| Question | Règle | Source |
|---|---|---|
| Qui le reçoit ? | Tout salarié dont le contrat prend fin, quel que soit le contrat et sa durée | C. trav., L. 1234-19 ; Service Public |
| Quand ? | À l'expiration du contrat, c'est-à-dire à la fin du préavis, même si le salarié en a été dispensé | Service Public |
| Mentions obligatoires | Date d'entrée, date de sortie, nature des postes occupés et périodes correspondantes, maintien gratuit de la couverture santé et prévoyance | C. trav., D. 1234-6 ; Service Public |
| Mentions interdites | Éléments discriminatoires ou de nature à nuire au salarié, référence à une clause de non-concurrence | Service Public |
| Mode de remise | Pièce quérable : tenue à disposition au sein de l'entreprise, sans obligation d'envoi postal | Service Public |
| Sanction en cas de refus | Contravention de 4e classe (jusqu'à 750 €) et dommages et intérêts si le salarié prouve un préjudice | C. trav., R. 1238-3 ; Service Public |
L'article L. 1234-19 du Code du travail pose une règle simple : « à l'expiration du contrat de travail, l'employeur délivre au salarié un certificat dont le contenu est déterminé par voie réglementaire ». Il prouve la période d'activité passée dans l'entreprise. Son utilité est concrète : le salarié le présente à un futur employeur à la suite d'un recrutement, le conserve pour faire valoir ses droits à la retraite et peut le produire dans ses démarches administratives pour justifier de sa situation professionnelle.
L'obligation concerne tous les employeurs de droit privé et tous les contrats : CDI, CDD, contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation ou mission d'intérim. Elle s'applique aussi lorsque le contrat prend fin pendant la période d'essai. En cas de décès du salarié, il est remis à ses ayants droit. Selon Service Public, seuls les employeurs qui utilisent le titre emploi service entreprise (TESE) en sont dispensés, ce service établissant lui-même les pièces de fin de contrat.
Les deux expressions sont souvent confondues. Le certificat de travail est une obligation légale, liée à la rupture du contrat. Une « attestation de travail » ou « attestation d'emploi » est un simple écrit que le salarié peut demander pendant son contrat, par exemple pour un dossier de location ou un prêt bancaire. Aucun texte n'impose à l'employeur de la fournir ni n'en fixe le contenu, même si la plupart des entreprises l'établissent à la demande.
L'article D. 1234-6 du Code du travail précise que le certificat « contient exclusivement » les mentions suivantes :
La fiche Service Public ajoute une troisième mention obligatoire : le maintien à titre gratuit de la couverture santé et prévoyance, c'est-à-dire la portabilité de la mutuelle et de la prévoyance après la rupture. Les coordonnées de l'entreprise, le nom du responsable qui le signe et l'identité du salarié (nom, prénom) figurent en pratique sur la pièce pour l'identifier. La date de naissance, le salaire ou le numéro de sécurité sociale ne sont pas des mentions obligatoires.
Le mot « exclusivement » a une portée concrète : l'employeur ne peut pas ajouter d'appréciation sur la qualité du travail, de motif de rupture ou de commentaire. Service Public interdit toute mention discriminatoire, toute mention susceptible de nuire au salarié et toute référence à une clause de non-concurrence.
Les dates retenues méritent une attention particulière. La date de sortie correspond à la fin du préavis, même lorsque le salarié a été dispensé de l'effectuer. Les postes occupés doivent être décrits avec leur intitulé réel, tel qu'il figure sur la fiche de paie, et les périodes correspondantes : en cas de promotion, chaque fonction apparaît avec ses dates. Notre article sur le changement d'intitulé de poste montre pourquoi la nature exacte de la fonction compte dans un dossier.
L'obligation de remettre un certificat naît à l'expiration du contrat de travail. Selon Service Public, il s'agit de la fin du préavis ; si le salarié en est dispensé, la date reste celle de la fin du préavis non effectué. Rien n'interdit à l'employeur de le préparer à l'avance, mais il ne peut pas le retenir après le dernier jour, par exemple en attendant le retour d'un matériel ou la signature du reçu pour solde de tout compte.
Le certificat de travail est un document « quérable » : l'employeur doit le tenir à la disposition du salarié dans l'entreprise, sans obligation de l'envoyer par courrier. En pratique, de nombreuses entreprises l'envoient par lettre recommandée ou par courriel, et un envoi reste conseillé lorsque le salarié est en arrêt maladie ou a déjà quitté la région. Le salarié qui ne peut pas se déplacer a intérêt à demander l'envoi par écrit, pour garder une trace de sa demande.
Aucun formulaire officiel n'est imposé. Un modèle simple peut prendre la forme suivante, à adapter à chaque situation :
| Rubrique | Exemple de rédaction |
|---|---|
| En-tête | Nom, adresse et numéro SIRET de l'entreprise |
| Formule | « Je soussigné(e) [nom et fonction], certifie que [nom et prénom du salarié] a été employé(e) du [date d'entrée] au [date de sortie]. » |
| Postes | « En qualité de [poste 1] du [date] au [date], puis de [poste 2] du [date] au [date]. » |
| Portabilité | Mention du maintien à titre gratuit des garanties santé et prévoyance, selon les conditions du contrat collectif |
| Fin | « Pour servir et valoir ce que de droit », lieu, date et signature de l'employeur |
À la fin du contrat, l'employeur remet plusieurs documents distincts. Le certificat de travail retrace la période d'activité. L'attestation employeur destinée à France Travail, transmise par la déclaration sociale nominative, sert au calcul des droits au chômage. Le reçu pour solde de tout compte fait l'inventaire des sommes versées à la rupture, et l'état récapitulatif de l'épargne salariale est remis si un dispositif existe dans l'entreprise.
Ces documents ne se remplacent pas. Un salarié qui signe son solde de tout compte n'a pas renoncé à son certificat de travail, et l'employeur ne peut pas subordonner la remise de l'un à la signature de l'autre. Pour un salarié qui envisage de quitter son poste, notre guide démission et chômage détaille aussi le rôle de l'attestation France Travail.
La remise du certificat est l'occasion de contrôler tous les éléments de la fin du contrat. Le dernier bulletin, ou fiche de paie, doit intégrer le salaire du mois, l'indemnité compensatrice de congés payés et, le cas échéant, l'indemnité de rupture prévue par la loi ou par la convention collective. La convention collective peut aussi prévoir des règles plus favorables sur le préavis ou les documents à fournir : il est utile de la consulter avant de signer quoi que ce soit.
Le salarié peut également vérifier, dans son espace personnel en ligne sur le site de France Travail, que l'attestation employeur a bien été reçue, et garder une copie numérique de chaque pièce. En cas de doute sur un calcul ou sur la procédure de rupture, mieux vaut demander un avis avant d'engager une démarche contentieuse : la recherche d'une solution amiable reste souvent la voie la plus rapide pour l'obtenir.
Le défaut de remise est sanctionné pénalement. L'article R. 1238-3 du Code du travail punit « le fait de ne pas délivrer au salarié un certificat de travail » de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe, soit 750 € au plus selon Service Public.
Sur le plan civil, le salarié peut obtenir des dommages et intérêts. Service Public précise qu'ils sont accordés si l'absence ou le retard lui a causé un préjudice : il faut donc démontrer une conséquence concrète, comme une embauche retardée ou une démarche bloquée. La marche à suivre est progressive :
Conservez chaque échange et la preuve des conséquences du retard : offre d'emploi conditionnée à la remise du document, courrier d'une administration, refus d'un organisme. Ces éléments décident souvent de l'issue de la demande de dommages et intérêts.
Un document qui comporte une erreur de date, un intitulé de poste inexact ou une mention interdite doit être rectifié. Le salarié demande par écrit sa correction ; à défaut, il peut saisir le conseil de prud'hommes dans les mêmes conditions qu'en cas de refus. Une mention défavorable ou une allusion à un litige peut aussi justifier une demande de réparation si elle cause un préjudice. Ce point est fréquent après un licenciement pour faute grave ou une prise d'acte de la rupture : le motif de la rupture du contrat n'a pas sa place sur ce certificat.
Un litige sur le certificat accompagne souvent un désaccord plus large sur la rupture, les salaires ou les indemnités. Un avocat en droit du travail vérifie l'ensemble des documents de fin de contrat, rédige la mise en demeure et engage si nécessaire l'action prud'homale. Pour trouver un professionnel, consultez nos sélections des avocats en droit du travail à Versailles, dans les Yvelines et à Paris, ainsi que notre guide pour choisir un bon avocat.
Oui. L'employeur doit le remettre à tout salarié dont le contrat prend fin, quels que soient le contrat, sa durée et le mode de rupture, y compris pendant la période d'essai ou après une démission.
La date d'entrée et la date de sortie, la nature des postes occupés et les périodes correspondantes, ainsi que le maintien à titre gratuit de la couverture santé et prévoyance. Aucune appréciation ni aucun motif de rupture ne doit y figurer.
À l'expiration du contrat, c'est-à-dire à la fin du préavis, même si le salarié a été dispensé de l'effectuer. Le document est tenu à disposition dans l'entreprise.
Non, ce document est quérable : l'employeur le tient à disposition. Le salarié peut toutefois demander son envoi par écrit, et l'envoi reste conseillé quand il ne peut pas se déplacer.
Le certificat est un document légal remis à la fin du contrat. L'attestation de travail ou d'emploi est un écrit facultatif délivré pendant le contrat, à la demande du salarié, sans contenu imposé.
Le réclamer par écrit, envoyer une mise en demeure sans réponse utile, puis saisir le conseil de prud'hommes, y compris en référé. L'employeur encourt une contravention de 4e classe et des dommages et intérêts si le salarié prouve un préjudice.
Non. Aucun formulaire n'est imposé par la loi : le certificat doit simplement comporter les mentions obligatoires et être daté par l'employeur. De nombreux outils en ligne et logiciels de paie proposent un modèle à télécharger.
Sources officielles consultées le 25 octobre 2026 : fiche Service Public « Certificat de travail » (vérifiée le 12 mars 2026) ; Code du travail, articles L. 1234-19, D. 1234-6 et R. 1238-3 (Code du travail numérique). Cet article donne une information générale et ne remplace pas l'analyse d'un dossier par un avocat.

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