Requête allégée depuis le 1er octobre 2026, contribution de 50 € depuis le 1er mars, délais de 12 mois à 5 ans, conciliation, jugement et appel : la procédure de saisine du conseil de prud'hommes expliquée étape par étape.

Par Avocats de Confiance · Publié et vérifié le 18 octobre 2026. La saisine du conseil de prud'hommes est l'étape qui ouvre tout litige individuel entre un salarié et son employeur : contestation d'un licenciement, salaires impayés, heures supplémentaires, harcèlement, rupture du contrat. La procédure de saisine a été modifiée deux fois en 2026 et la saisine n'est plus gratuite. Depuis le 1er mars 2026, une contribution pour l'aide juridique de 50 € est due par celui qui saisit le conseil. Depuis le 1er octobre 2026, la requête n'a plus à être accompagnée de toutes les pièces à fournir : la démarche est désormais allégée.
Ce guide détaille la procédure étape par étape et les étapes de la saisine prud'hommes : vérifier le délai de prescription, choisir le bon conseil, constituer le dossier, rédiger et déposer la requête, payer les frais de saisine, puis suivre la procédure devant le bureau de conciliation et d'orientation et le bureau de jugement, jusqu'aux voies de recours. Chaque règle renvoie à un texte ou à une source officielle (Service Public, Code du travail numérique, Légifrance, ministère de la Justice).
| Question | Réponse | Source |
|---|---|---|
| Qui peut saisir ? | Le salarié comme l'employeur, pour un litige individuel né du contrat de travail | Code du travail numérique |
| Délai pour contester une rupture | 12 mois à compter de la notification de la rupture | Article L. 1471-1 |
| Délai pour l'exécution du contrat | 2 ans à compter du jour où les faits sont connus ou auraient dû l'être | Article L. 1471-1 |
| Salaires et heures supplémentaires | 3 ans, sur les trois années précédant la demande ou la rupture | Article L. 3245-1 |
| Discrimination | 5 ans à compter de la révélation de la discrimination | Article L. 1134-5 |
| Pièces jointes à la requête depuis le 1er octobre 2026 | Un bordereau des pièces invoquées et le dernier bulletin de salaire, ou un document identifiant l'activité de l'employeur | Décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026 |
| Coût de la saisine (frais de saisine) | Contribution pour l'aide juridique de 50 €, payée en ligne, sauf aide juridictionnelle | Article 1635 bis Q du CGI ; décret n° 2026-250 |
| Avocat | Non obligatoire devant le conseil de prud'hommes | Article R. 1453-2 |
| Appel | Un mois, au-delà de 5 000 € de demandes | Articles R. 1461-1 et D. 1462-3 |
Le conseil de prud'hommes règle les litiges individuels entre un employeur et un salarié nés à l'occasion d'un contrat de travail. Selon la fiche du ministère du Travail sur le conseil de prud'hommes, mise à jour le 24 août 2026, les conseillers prud'hommes sont chargés de concilier les parties et, à défaut, de juger l'affaire. Ce sont des juges non professionnels, issus pour moitié du collège des salariés et pour moitié de celui des employeurs. On parle couramment du CPH pour désigner cette juridiction du droit social.
Les dossiers les plus fréquents portent sur la contestation d'un licenciement, qu'il s'agisse d'un licenciement abusif, d'un licenciement économique ou d'un licenciement prononcé pour faute grave, pour inaptitude ou pour insuffisance professionnelle, sur le paiement de salaires, de primes ou d'heures supplémentaires, sur la requalification d'un CDD en CDI, sur la qualification d'une prise d'acte de la rupture ou sur la contestation d'une rupture conventionnelle. Il est aussi saisi pour obtenir la remise du solde de tout compte, du certificat de travail ou de l'attestation France Travail, ou pour contester les conditions d'une démission. Il ne juge pas les litiges collectifs, ni les contentieux de la sécurité sociale, ni les recours administratifs contre une décision de l'administration du travail.
Le conseil compétent est en principe celui dans le ressort duquel se trouve l'établissement où le salarié travaille. À l'intérieur du conseil, l'affaire est répartie dans l'une des cinq sections (industrie, commerce, agriculture, activités diverses, encadrement) selon l'activité principale de l'employeur, et selon le statut du salarié pour la section encadrement. Dans les Yvelines comme ailleurs, plusieurs conseils se partagent le département : vérifiez le ressort exact de la commune de l'établissement avant de déposer votre demande.
Aucune démarche préalable n'est obligatoire, mais il est souvent utile d'adresser d'abord à l'entreprise une mise en demeure par lettre recommandée : elle fixe la date de la réclamation, chiffre les sommes demandées et laisse une chance de régler le litige sans procès. Vérifiez aussi la convention collective applicable, qui peut prévoir des indemnités plus favorables que le Code du travail. Un professionnel du droit peut vous aider à apprécier vos chances avant d'engager les frais et le temps d'une procédure.
C'est la première vérification à faire. Un dossier solide présenté trop tard sera déclaré irrecevable, quelle que soit la gravité des faits. Les délais de saisine sont des délais légaux stricts : l'article L. 1471-1 du Code du travail, dans sa version en vigueur, fixe deux délais principaux de prescription, complétés par des délais propres aux salaires et à la discrimination.
Toute action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par douze mois à compter de la notification de la rupture. Pour un licenciement, le délai court à partir de la notification de la lettre de licenciement. Le même délai s'applique à la contestation d'une prise d'acte ou d'une démission que l'on estime équivoque. La contestation d'une rupture conventionnelle obéit à un délai propre de douze mois à compter de la date d'homologation (article L. 1237-14).
Les actions portant sur l'exécution du contrat de travail se prescrivent par deux ans à compter du jour où celui qui agit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer son droit : contestation d'une sanction disciplinaire, modification imposée du contrat, manquement de l'employeur à ses obligations.
L'action en paiement du salaire se prescrit par trois ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits. Selon l'article L. 3245-1, la demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois années précédant ce jour ou, lorsque le contrat est rompu, des trois années précédant la rupture. Les rappels d'heures supplémentaires, de primes et de congés payés relèvent de ce délai.
Les délais de douze mois et de deux ans ne s'appliquent pas aux actions fondées sur le harcèlement moral ou sexuel, sur une discrimination, ni aux actions en réparation d'un dommage corporel causé à l'occasion de l'exécution du contrat. En matière de discrimination, l'article L. 1134-5 prévoit un délai de cinq ans à compter de la révélation de la discrimination, et les dommages et intérêts réparent l'entier préjudice pendant toute sa durée.
Un conseil pratique : notez dès aujourd'hui la date de notification de la rupture ou la date des faits, et calculez l'échéance. En cas de doute sur le point de départ, faites vérifier le délai par un avocat avant d'engager quoi que ce soit.
Le conseil de prud'hommes est saisi par une requête, dont le contenu est encadré par l'article R. 1452-2 du Code du travail. Le salarié peut utiliser le formulaire de saisine, le formulaire Cerfa n° 15586, accompagné de sa notice n° 52117, disponible sur Service Public, ou rédiger une requête sur papier libre. Ce formulaire à remplir reprend les mentions attendues. La requête identifie les parties, expose l'objet de la demande et ses motifs, et chiffre chacun des chefs de demande : rappel de salaire, indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de préavis, dommages et intérêts. Une demande non chiffrée ou oubliée dans la requête est une source fréquente de difficultés.
Les documents nécessaires dépendent du litige, mais le dossier à constituer comprend en général le contrat de travail et ses avenants, les bulletins de paie, la lettre de licenciement ou la convention de rupture, le solde de tout compte, les courriels utiles, les attestations de collègues et, le cas échéant, les certificats médicaux. Ces justificatifs à fournir seront énumérés dans le bordereau joint à la requête.
Le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026 portant diverses mesures de simplification procédurale, publié au Journal officiel du 29 juillet 2026, s'applique aux instances introduites à compter du 1er octobre 2026. Selon l'analyse publiée par le Conseil national des barreaux, le demandeur est dispensé de produire l'ensemble de ses pièces dès le dépôt de la requête. Pour la requête à adresser au greffe, il joint seulement :
Les pièces ne disparaissent pas pour autant : elles devront être communiquées à la partie adverse et présentées lors des débats. Préparez donc votre dossier complet dès le départ, même si vous n'avez plus à tout déposer le premier jour. Un bordereau précis, avec des pièces numérotées et identifiables, évite les discussions inutiles à l'audience.
Le dépôt de requête se fait au greffe du conseil de prud'hommes compétent, en un exemplaire pour la juridiction et un exemplaire par partie adverse. Le formulaire Cerfa n° 15414 permet de consentir à recevoir les avis et convocations du greffe par voie électronique. Le greffe adresse ensuite à chaque partie une convocation devant le bureau de conciliation et d'orientation, qui informe l'employeur de la saisine.
Depuis le 1er mars 2026, toute instance introduite devant le conseil de prud'hommes donne lieu au paiement d'une contribution pour l'aide juridique de 50 €, souvent appelée droit de timbre. La saisine prud'hommes, autrefois gratuite, est donc devenue payante. Elle a été créée par l'article 1635 bis Q du Code général des impôts, issu de la loi de finances pour 2026, et ses modalités sont précisées par le décret n° 2026-250 du 7 avril 2026 et par la circulaire du ministère de la Justice du 8 avril 2026. Elle est due par la partie qui introduit l'instance, salarié ou employeur. Lorsqu'il y a plusieurs demandeurs, une seule contribution est due.
Selon le Code du travail numérique, le paiement se fait uniquement en ligne, sur le site timbres.impots.gouv.fr, au moment du dépôt de la demande. Ces frais judiciaires font partie des dépens : en principe, c'est la partie qui perd le procès qui la supporte au final, sauf décision contraire du juge.
La contribution n'est pas due par le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, totale ou partielle. Il joint à sa requête la décision d'admission ou, à défaut, la copie de sa demande d'aide et le justificatif de son dépôt. Si l'aide est ensuite refusée, il dispose d'un mois pour payer la contribution. Les demandes incidentes formées en cours d'instance ne donnent pas lieu à une nouvelle contribution.
Le défaut de paiement entraîne l'irrecevabilité de la demande, relevée d'office par le juge, mais seulement après une invitation du greffe à régulariser. Le demandeur dispose alors d'un mois pour payer. Devant le conseil de prud'hommes, c'est le bureau de jugement qui statue sur cette irrecevabilité.
| Étape | Ce qui se passe | À préparer |
|---|---|---|
| 1. Saisine | Dépôt de la requête au greffe, avec le bordereau, le dernier bulletin de salaire et le justificatif de la contribution | Demandes chiffrées, liste des pièces |
| 2. Conciliation et orientation | Tentative d'accord devant un conseiller salarié et un conseiller employeur ; à défaut, orientation et mise en état | Dossier complet, montant minimal acceptable |
| 3. Échanges de pièces et de conclusions | Calendrier fixé par le bureau de conciliation et d'orientation | Respect des dates, communication à l'adversaire |
| 4. Audience de jugement | Plaidoiries devant le bureau de jugement, puis décision | Argumentation et pièces numérotées |
| 5. Départage éventuel | En cas de partage des voix, nouvelle audience présidée par un juge du tribunal judiciaire | Mise à jour du dossier |
| 6. Appel | Un mois pour faire appel, au-delà de 5 000 € de demandes | Avocat ou défenseur syndical |
Après la saisine, les parties sont convoquées devant le bureau de conciliation et d'orientation, composé d'un conseiller salarié et d'un conseiller employeur. L'audience n'est pas publique. Il entend les parties et tente de trouver un accord. Si les parties se concilient, un procès-verbal acte la fin du litige dans les termes de l'accord.
À défaut d'accord, l'article L. 1454-1-1 permet au bureau d'orienter l'affaire. En cas de litige sur un licenciement ou une demande de résiliation judiciaire, il peut, avec l'accord des parties, la renvoyer devant une formation restreinte du bureau de jugement, qui doit statuer dans un délai de trois mois. Si les parties le demandent ou si la nature du litige le justifie, il peut la renvoyer devant une formation présidée par un juge du tribunal judiciaire. À défaut, l'affaire va devant le bureau de jugement dans sa composition habituelle. Le bureau peut aussi mettre l'affaire en état, en fixant un calendrier de communication des pièces et des conclusions.
Lorsqu'une partie ne comparaît pas, en personne ou représentée, sans motif légitime, l'article L. 1454-1-3 permet au bureau de conciliation et d'orientation de juger l'affaire, en formation restreinte, au vu des seules pièces et moyens communiqués par la partie présente. L'absence de l'employeur ne bloque donc pas la procédure.
Le bureau de jugement, composé de deux conseillers salariés et de deux conseillers employeurs, tient l'audience prud'hommes en public. Le déroulement de l'audience suit les règles de procédure orale : chaque partie, ou son représentant, présente ses arguments et ses pièces, puis le jugement du conseil est rendu après délibération, souvent à une date annoncée à la fin de l'audience. En cas de partage égal des voix, l'affaire est renvoyée devant une formation de départage présidée par un juge du tribunal judiciaire, ce qui allonge la procédure. Certaines demandes suivent une voie accélérée : la qualification d'une prise d'acte et la requalification d'un CDD en CDI (article L. 1245-2) sont portées directement devant le bureau de jugement, qui statue au fond dans le mois suivant sa saisine.
Pour une demande urgente ou qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse, une formation de référé peut être saisie : remise d'un bulletin de paie, d'un certificat de travail ou de l'attestation France Travail, paiement d'un salaire dont le montant n'est pas discuté. Le référé ordonne des mesures provisoires et ne tranche pas le fond du litige.
Le recours en appel est le principal moyen de contestation du jugement. Le délai d'appel de la décision est d'un mois à compter de sa notification, selon l'article R. 1461-1. L'appel n'est ouvert que si le montant des demandes dépasse le taux du dernier ressort, fixé à 5 000 € par l'article D. 1462-3 ; en dessous, le jugement est rendu en dernier ressort et seul un pourvoi devant la Cour de cassation est possible. Devant la cour d'appel, les parties doivent être représentées par un avocat ou par un défenseur syndical.
Non, l'avocat n'est pas obligatoire devant le conseil de prud'hommes. Selon l'article R. 1453-2 du Code du travail, chaque partie peut se défendre seule ou se faire assister ou représenter par un salarié ou un employeur de la même branche d'activité, par un défenseur syndical, par son conjoint, son partenaire de PACS ou son concubin, ou par un avocat. Un représentant qui n'est pas avocat doit justifier d'un pouvoir spécial.
L'assistance d'un conseil reste vivement recommandée dès que le dossier présente un enjeu financier réel ou une question de preuve : calcul des indemnités et du barème d'indemnisation, choix des fondements (licenciement sans cause réelle et sérieuse, nullité pour harcèlement ou discrimination), préparation de l'audience de conciliation et négociation d'une éventuelle transaction. Pour trouver un professionnel près de chez vous, consultez notre sélection des avocats en droit du travail dans les Yvelines, à Versailles, à Paris ou en Île-de-France, et notre guide pour bien choisir son avocat.
| Erreur | Conséquence | Comment l'éviter |
|---|---|---|
| Laisser passer le délai de 12 mois | Demande irrecevable | Calculer l'échéance dès la notification de la rupture |
| Saisir le mauvais conseil | Perte de temps, renvoi | Vérifier le lieu de l'établissement et l'activité de l'employeur |
| Demandes non chiffrées ou oubliées | Indemnités perdues ou demande imprécise | Lister chaque chef de demande avec son montant |
| Bordereau incomplet | Pièces discutées, débats retardés | Numéroter et identifier chaque pièce |
| Oublier la contribution de 50 € | Invitation à régulariser, puis irrecevabilité | Payer en ligne et joindre le justificatif, ou la décision d'aide juridictionnelle |
| Arriver sans dossier à la conciliation | Accord moins favorable | Préparer les pièces et un montant de référence avant la convocation |
Par une requête déposée ou adressée au greffe du conseil compétent, sur le formulaire Cerfa n° 15586 ou sur papier libre. Depuis le 1er octobre 2026, elle est accompagnée d'un bordereau des pièces et du dernier bulletin de salaire, ainsi que du justificatif de paiement de la contribution de 50 €.
Oui. La représentation par avocat n'est pas obligatoire devant le conseil de prud'hommes. Vous pouvez vous défendre seul ou être assisté par un défenseur syndical, un salarié de la même branche, votre conjoint, partenaire de PACS ou concubin. En appel, l'avocat ou le défenseur syndical devient obligatoire.
Depuis le 1er mars 2026, une contribution pour l'aide juridique de 50 € est due par celui qui introduit l'instance, sauf s'il bénéficie de l'aide juridictionnelle. Les honoraires d'avocat, s'il y en a un, s'y ajoutent.
Un bordereau énumérant les pièces invoquées et le dernier bulletin de salaire ou, à défaut, un document permettant d'identifier l'activité de l'employeur. Les pièces elles-mêmes seront communiquées à l'adversaire et présentées aux débats.
Douze mois à compter de la notification du licenciement. Les demandes de salaire relèvent d'un délai de trois ans et les actions fondées sur une discrimination d'un délai de cinq ans à compter de sa révélation.
S'il ne comparaît pas sans motif légitime, le bureau de conciliation et d'orientation peut juger l'affaire en formation restreinte, au vu des seules pièces et moyens communiqués par le salarié.
Cela dépend du conseil, de l'orientation retenue et d'un éventuel départage. La formation restreinte doit statuer dans les trois mois en matière de licenciement, et la prise d'acte est en principe jugée dans le mois. Dans les autres cas, la durée varie fortement selon l'encombrement du conseil et l'éventuel recours au départage.
Oui. Un accord peut être conclu à l'audience de conciliation ou à tout moment de la procédure, notamment par une transaction. Faites vérifier le montant proposé avant de signer.
Sources officielles consultées le 18 octobre 2026 : Code du travail numérique, fiche « Le conseil de prud'hommes » (mise à jour le 24 août 2026) et actualité sur la contribution de 50 € ; articles L. 1471-1, L. 3245-1, L. 1134-5, L. 1454-1-1, L. 1454-1-3, R. 1453-2, R. 1461-1 et D. 1462-3 du Code du travail ; circulaire du ministère de la Justice du 8 avril 2026 ; analyse du CNB sur le décret n° 2026-683 ; formulaire Cerfa n° 15586. Ce contenu est une information juridique générale et ne remplace pas une consultation individuelle.

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