Rupture de la période d'essai : délai de prévenance, indemnités et recours en 2026

Période d'essai : ce que l'employeur peut faire, ce que le salarié peut exiger

Durée, renouvellement, délai de prévenance, modèles de lettre, indemnités, chômage, arrêt maladie et rupture abusive : les règles de la rupture de la période d'essai en 2026.

Une jeune salariée lit avec attention un courrier à son bureau, son ordinateur et son dossier de contrat à côté d'elle, quelques semaines après son embauche
October 26, 2026

Rupture de la période d'essai : délai de prévenance, indemnités et recours en 2026

Par la rédaction d'Avocats de Confiance · Publié le 26 octobre 2026. La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié et au salarié de vérifier que le poste lui convient. Pendant cette phase, chacun peut mettre fin au contrat sans avoir à suivre la procédure de licenciement ou de démission. Cette liberté n'est pourtant pas totale : un délai de prévenance doit être respecté, la rupture ne peut pas reposer sur un motif étranger aux compétences professionnelles, et certaines situations, comme l'arrêt pour accident du travail, l'interdisent.

Ce guide fait le point en 2026 sur la rupture de la période d'essai du côté du salarié : durée maximale, renouvellement, délai de prévenance selon l'ancienneté, indemnités dues, droit au chômage, rupture abusive et recours devant le conseil de prud'hommes. Chaque règle renvoie au Code du travail, à la fiche Service Public « Période d'essai pour un salarié » (vérifiée le 12 août 2026) ou aux pages de l'Unédic.

Rupture de la période d'essai : l'essentiel en un tableau

QuestionRègleSource
Faut-il un motif ?Non, pas de motif à énoncer ni de procédure de licenciement, mais le motif réel doit tenir aux compétences professionnellesC. trav., L. 1221-20 ; Service Public
Délai de prévenance de l'employeur24 heures, 48 heures, 2 semaines ou 1 mois selon le temps de présenceC. trav., L. 1221-25
Délai de prévenance du salarié48 heures, ramené à 24 heures avant 8 jours de présenceC. trav., L. 1221-26
Délai non respecté par l'employeurIndemnité compensatrice égale aux salaires et avantages jusqu'à la fin du délai, congés payés compris, sauf faute graveC. trav., L. 1221-25
Indemnité de licenciementNon due : la rupture de l'essai n'est pas un licenciementService Public
ChômagePossible après une rupture par l'employeur ; en principe exclu après une rupture par le salarié, sauf exceptionsUnédic ; Service Public
Arrêt pour accident du travailRupture interdite pendant la suspension, sauf faute grave sans lien avec l'accidentCode du travail numérique, fiche F317

À quoi sert la période d'essai et combien de temps dure-t-elle ?

Selon l'article L. 1221-20 du Code du travail, la période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié dans son travail, notamment au regard de son expérience, et au salarié d'apprécier si les fonctions occupées lui conviennent. Cet objectif commande toute la suite : une rupture décidée pour une autre raison que l'aptitude professionnelle sort du cadre de l'essai.

La période d'essai ne se présume pas. L'article L. 1221-23 exige qu'elle soit expressément prévue dans la lettre d'engagement ou le contrat de travail, de même que la possibilité de la renouveler. Sans clause écrite, il n'y a pas d'essai : le salarié est engagé définitivement dès le premier jour, et toute rupture relève alors du licenciement ou de la démission.

Durée maximale en CDI

Pour un contrat à durée indéterminée, la loi fixe une durée initiale maximale qui dépend de la catégorie professionnelle. La convention collective ou le contrat peut prévoir une durée plus courte.

CatégorieDurée initiale maximaleDurée totale avec renouvellement
Employé ou ouvrier2 mois4 mois
Agent de maîtrise ou technicien3 mois6 mois
Cadre4 mois8 mois

La durée se compte en jours calendaires, sauf disposition conventionnelle ou contractuelle contraire. Elle commence le premier jour de travail et ne peut pas être décalée. Le décompte est le même pour un salarié à temps plein et pour un salarié à temps partiel. Service Public donne un exemple : une période d'essai de 2 mois qui commence le 13 mars se termine le 12 mai à minuit.

Période d'essai en CDD et en intérim

En CDD, la période d'essai se calcule à raison d'un jour par semaine de contrat, dans la limite de 2 semaines pour un contrat de 6 mois au plus et de 1 mois pour un contrat plus long. Elle ne peut pas être renouvelée, même avec l'accord des deux parties. Lorsqu'un salarié est embauché en CDI après un CDD dans la même entreprise, l'employeur peut prévoir une nouvelle période d'essai, mais la durée du CDD vient en déduction. Une fois l'essai terminé, la rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée n'est plus libre : elle n'est possible que dans les cas prévus par la loi, comme l'accord des parties, la faute grave, la force majeure, l'inaptitude ou l'embauche en CDI (C. trav., L. 1243-1 et L. 1243-2).

Stage, apprentissage et période probatoire : des cas à part

Un stage effectué dans l'entreprise peut raccourcir l'essai. Selon l'article L. 1221-24 du Code du travail, lorsque le salarié est embauché dans les trois mois suivant un stage intégré à un cursus pédagogique réalisé lors de sa dernière année d'études, la durée du stage est déduite de la période d'essai, sans pouvoir la réduire de plus de la moitié, sauf accord collectif plus favorable. Si l'emploi correspond aux activités confiées au stagiaire, la durée du stage est déduite intégralement.

Le contrat d'apprentissage obéit à sa propre règle : pendant les 45 premiers jours, consécutifs ou non, de formation pratique en entreprise, l'employeur comme l'apprenti peuvent rompre le contrat (C. trav., L. 6222-18). Au-delà, la rupture suppose un accord écrit des deux parties ou l'un des cas prévus par la loi. Enfin, Service Public rappelle qu'il faut distinguer la période d'essai de l'essai professionnel et de la période probatoire : les règles exposées ici ne valent que pour la période d'essai stipulée au contrat de travail.

Le renouvellement : trois conditions cumulatives

En CDI, la période d'essai peut être renouvelée une seule fois, à trois conditions : un accord de branche étendu le prévoit, le contrat ou la lettre d'engagement mentionne cette possibilité, et le salarié accepte le renouvellement par écrit ou par mail pendant la période initiale. Une signature apposée dès l'embauche ou un simple silence ne valent pas accord. L'employeur ne peut pas non plus imposer d'emblée la durée totale : la période initiale doit d'abord respecter la durée de base.

Ce point est souvent décisif dans un dossier. Si le renouvellement est irrégulier, la période d'essai a pris fin au terme de la période initiale, le contrat est devenu définitif, et une rupture notifiée pendant la prétendue prolongation s'analyse en licenciement. Les règles et indemnités du licenciement s'appliquent alors, comme le détaille notre article pour contester un licenciement.

Comment l'employeur peut-il rompre la période d'essai ?

La rupture à l'initiative de l'employeur n'obéit à aucune procédure de rupture particulière : l'employeur n'a pas à convoquer le salarié à un entretien préalable ni à énoncer de motif. Aucune forme n'est imposée par la loi, mais un écrit daté, remis en main propre contre décharge ou envoyé en recommandé, permet de fixer la date de la rupture et donc le point de départ du délai de prévenance. Il doit en revanche respecter ce délai et ne pas détourner l'essai de son objet.

Le délai de prévenance à la charge de l'employeur

L'article L. 1221-25 du Code du travail impose à l'employeur de prévenir le salarié dans un délai qui augmente avec son temps de présence dans l'entreprise. Il s'applique aux contrats prévoyant une période d'essai d'au moins une semaine.

Temps de présence du salariéDélai si l'employeur romptDélai si le salarié rompt
Moins de 8 jours24 heures24 heures
De 8 jours à 1 mois48 heures48 heures
Après 1 mois2 semaines48 heures
Après 3 mois1 mois48 heures

La convention collective peut prévoir des délais différents : le Code du travail numérique propose un outil pour vérifier la convention applicable. Le même article précise que la période d'essai, renouvellement compris, ne peut pas être prolongée du fait du délai de prévenance. En pratique, un employeur qui rompt l'essai d'un cadre quelques jours avant son terme ne peut pas faire travailler le salarié au-delà de la date de fin de l'essai.

Délai non respecté : l'indemnité compensatrice

Lorsque le délai de prévenance n'a pas été respecté, son inexécution ouvre droit pour le salarié, sauf faute grave, à une indemnité compensatrice. Elle est égale au montant des salaires et avantages qu'il aurait perçus s'il avait accompli son travail jusqu'à l'expiration du délai, indemnité compensatrice de congés payés comprise (C. trav., L. 1221-25). Le non-respect du délai ne transforme pas à lui seul la rupture en licenciement : il se règle par cette indemnité.

Exemple : une technicienne engagée en CDI avec trois mois d'essai reçoit, après six semaines de présence, une lettre de rupture prenant effet le lendemain. Elle avait droit à deux semaines de prévenance. Si l'employeur ne lui permet pas de travailler pendant ce délai, il doit lui verser l'équivalent de deux semaines de salaire, avantages et congés payés afférents inclus.

Les motifs interdits

La liberté de rompre s'arrête là où commence le détournement de l'essai. Service Public rappelle que la rupture peut être jugée abusive par le conseil de prud'hommes si le motif n'est pas lié aux compétences du salarié. Les cas les plus fréquents sont une rupture décidée pour supprimer le poste ou réduire les coûts, une rupture qui suit de près une demande légitime du salarié, ou une rupture fondée sur un motif discriminatoire : état de santé, grossesse, âge, activité syndicale, origine ou tout autre critère visé par l'article L. 1132-1 du Code du travail.

Lorsque l'employeur reproche une faute au salarié et rompt l'essai pour ce motif disciplinaire, la situation change aussi : la rupture ne se fonde plus sur une évaluation des compétences, et les garanties de la procédure disciplinaire peuvent alors s'appliquer. Ce point mérite d'être vérifié avec un professionnel. Notre article sur le licenciement pour faute grave détaille ces règles de procédure.

Rupture de la période d'essai à l'initiative du salarié

Le salarié qui souhaite rompre l'essai peut, lui aussi, le faire librement, sans procédure ni formalisme particulier. Il n'a pas à se justifier. Selon l'article L. 1221-26, il respecte un délai de prévenance de 48 heures, ramené à 24 heures si sa présence dans l'entreprise est inférieure à 8 jours. Pour éviter toute contestation sur la date, Service Public conseille d'envoyer une lettre recommandée avec avis de réception ou un mail avec accusé de réception.

Cette rupture n'est pas une démission au sens du Code du travail : aucun préavis de démission n'est dû, seul le délai de prévenance s'applique. Elle a cependant des effets proches sur l'assurance chômage, puisqu'elle est en principe assimilée à une perte volontaire d'emploi (voir plus bas).

Modèle de lettre de rupture de la période d'essai

La loi n'impose aucun écrit, mais une lettre reste le moyen le plus simple de prouver la date de la rupture, donc le point de départ du délai de prévenance. Elle peut être remise en main propre contre décharge, c'est-à-dire avec la date et la signature du destinataire sur un double, ou envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception. Un mail avec demande d'accusé de réception est aussi admis par Service Public pour le salarié. Les deux modèles ci-dessous sont des trames à adapter : ils ne remplacent pas la vérification du contrat et de la convention collective applicable.

Les mentions utiles

  • les nom, prénom et adresse de l'auteur et du destinataire ;
  • la date de la lettre et le mode de remise (main propre contre décharge, recommandé avec accusé de réception) ;
  • la référence au contrat de travail et à la date d'embauche ;
  • la décision de mettre fin à la période d'essai, sans qu'un motif soit exigé ;
  • la durée du délai de prévenance et la date de fin du contrat qui en résulte ;
  • la signature.

Modèle de lettre pour le salarié

[Prénom Nom]
[Adresse]

[Nom de l'entreprise]
À l'attention de [Madame / Monsieur, fonction]
[Adresse]

[Lieu], le [date]

Lettre remise en main propre contre décharge / Lettre recommandée avec accusé de réception

Objet : rupture de la période d'essai

Madame, Monsieur,

Embauché(e) le [date d'embauche] en qualité de [poste], je vous informe de ma décision de mettre fin à ma période d'essai. Conformément à l'article L. 1221-26 du Code du travail, je respecterai un délai de prévenance de [48 heures / 24 heures]. Mon contrat de travail prendra donc fin le [date].

Je vous remercie de me remettre à cette date mon certificat de travail, mon attestation France Travail et mon reçu pour solde de tout compte.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Modèle de lettre pour l'employeur

[Nom de l'entreprise]
[Adresse]

[Madame / Monsieur Prénom Nom]
[Adresse]

[Lieu], le [date]

Lettre remise en main propre contre décharge / Lettre recommandée avec accusé de réception

Objet : rupture de votre période d'essai

Madame, Monsieur,

Vous avez été engagé(e) le [date d'embauche] en qualité de [poste], avec une période d'essai de [durée]. Nous vous informons de notre décision de mettre fin à cette période d'essai. Compte tenu de votre temps de présence dans l'entreprise, le délai de prévenance prévu par l'article L. 1221-25 du Code du travail est de [24 heures / 48 heures / 2 semaines / 1 mois]. Votre contrat prendra fin le [date], sans que la période d'essai soit prolongée au-delà de son terme.

Vos documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation France Travail, reçu pour solde de tout compte) vous seront remis à cette date, avec les sommes qui vous restent dues.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées.

[Prénom Nom, fonction et signature]

Côté employeur, le contenu de la lettre doit rester neutre : mentionner un motif disciplinaire, économique ou lié à la santé peut se retourner contre l'entreprise. Côté salarié, conserver le double signé ou l'accusé de réception permet de répondre à toute contestation sur la date.

Arrêt maladie, accident du travail et période d'essai

La fiche officielle « Arrêt maladie pendant la période d'essai » du Code du travail numérique (fiche Service Public F317) pose trois règles.

  • Prolongation : quand le contrat est suspendu pour maladie, accident du travail ou maladie professionnelle, la période d'essai est prolongée de la durée exacte de l'absence, sans dépasser la durée d'essai restant à courir. Avec 4 mois d'essai et un arrêt de 2 semaines après 1 mois d'activité, l'essai est prolongé de 2 semaines.
  • Maladie ordinaire : l'employeur ne peut pas rompre l'essai en raison de la maladie. La rupture reste possible selon les formalités simplifiées de l'essai si elle repose sur l'évaluation des compétences. Une rupture motivée par la maladie est discriminatoire et peut être contestée devant le conseil de prud'hommes.
  • Accident du travail ou maladie professionnelle : la rupture est interdite pendant la suspension, même d'un commun accord, sauf faute grave sans lien avec l'accident ou la maladie, avec respect de la procédure de licenciement pour motif personnel. L'essai peut reprendre et être rompu après le retour du salarié.

Ces règles rejoignent celles exposées dans notre article sur le licenciement pendant une absence prolongée : l'état de santé ne peut jamais être, en lui-même, la cause d'une rupture.

Indemnités et documents de fin de contrat

La rupture de la période d'essai n'est pas un licenciement. Le salarié n'a donc pas droit à l'indemnité légale de licenciement, ni à une indemnité de préavis au sens du licenciement. Ce qui lui est dû est plus limité, mais pas nul.

SommeDue ?Précision
Salaire jusqu'au dernier jour travailléOuiRémunération prévue au contrat
Indemnité compensatrice de délai de prévenanceOui, si le délai n'a pas été exécutéSauf faute grave (L. 1221-25)
Indemnité compensatrice de congés payésOuiPour les congés acquis et non pris
Indemnité de licenciementNonSauf si la rupture est requalifiée en licenciement
Dommages et intérêtsSeulement en cas de rupture abusive ou discriminatoireDécidés par le conseil de prud'hommes

Les documents à remettre sont prêts à la fin du délai de prévenance, avec le dernier bulletin de salaire : le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte. Ces pièces sont dues quel que soit l'auteur de la rupture, même après quelques jours d'emploi.

Rupture de la période d'essai et chômage

Le droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi dépend de l'auteur de la rupture.

Rupture par l'employeur

Quand l'employeur met fin à l'essai, la perte d'emploi est involontaire. Le salarié peut s'inscrire à France Travail et percevoir l'allocation s'il remplit les autres conditions, notamment la durée minimale d'affiliation. Un essai rompu après quelques semaines ne suffit pas toujours à ouvrir des droits : tout dépend des périodes travaillées auparavant.

Rupture par le salarié : le principe et les exceptions

Rompre soi-même l'essai est assimilé à une perte volontaire d'emploi, qui n'ouvre pas droit au chômage. L'Unédic (page mise à jour le 1er avril 2025) retient toutefois deux exceptions :

  • après une perte involontaire d'emploi : le salarié a perdu involontairement son précédent emploi, ne s'est pas inscrit à France Travail entre les deux, et rompt le nouveau contrat pendant l'essai avant d'avoir travaillé plus de 65 jours (environ 3 mois) ;
  • en cours d'indemnisation : le salarié déjà indemnisé reprend un emploi et rompt l'essai pendant les 4 premiers mois, soit 88 jours travaillés ou 610 heures ; le versement de l'allocation peut alors reprendre.

Au-delà, il reste la possibilité de saisir l'instance paritaire régionale après 121 jours de chômage, qui examine les efforts de reclassement. Notre guide démission et chômage détaille ce réexamen et les cas de démission légitime.

Rupture abusive : comment la contester ?

Le salarié qui estime que la rupture n'a rien à voir avec ses compétences peut saisir le conseil de prud'hommes. Il ne s'agit pas de démontrer qu'il était compétent, mais que l'employeur a rompu pour une autre raison : économique, personnelle, disciplinaire ou discriminatoire.

Les indices à réunir

  • la chronologie : rupture le lendemain d'une réclamation, d'une annonce de grossesse ou d'un arrêt de travail ;
  • les échanges écrits qui évoquent un autre motif que le travail : réorganisation, coût du poste, « mauvaise ambiance » ;
  • l'absence de tâches réellement confiées, qui empêchait toute évaluation ;
  • des évaluations positives ou des félicitations antérieures ;
  • le recrutement d'un remplaçant sur le même poste peu après, ou au contraire la suppression du poste.

Les délais pour agir

L'article L. 1471-1 du Code du travail prévoit que toute action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par douze mois à compter de sa notification. Lorsque la rupture est discriminatoire, l'action en réparation se prescrit par cinq ans à compter de la révélation de la discrimination (C. trav., L. 1134-5). Les rappels de salaire, dont l'indemnité de prévenance non versée, suivent leur propre prescription.

Ce que le salarié peut obtenir

Une rupture abusive ouvre droit à des dommages et intérêts qui réparent le préjudice subi, appréciés par le juge selon la situation. Une rupture discriminatoire est nulle et l'indemnisation répare l'entier préjudice. Si la période d'essai était irrégulière (absence de clause écrite, durée excessive, renouvellement non accepté par écrit), la rupture est traitée comme un licenciement, avec indemnité de licenciement si l'ancienneté le permet, préavis et indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Salarié : les réflexes à adopter

  • Relire le contrat : la période d'essai est-elle prévue par écrit ? Sa durée respecte-t-elle la loi et la convention collective ? Le renouvellement est-il prévu ?
  • Ne jamais signer un renouvellement sous pression : l'accord doit être donné pendant la période initiale, en connaissance de cause.
  • Noter la date exacte de notification pour calculer le délai de prévenance et vérifier qu'il a été payé.
  • Conserver les échanges : mails, comptes rendus, messages qui révèlent le motif réel de la rupture.
  • Respecter le délai de prévenance si vous souhaitez rompre vous-même l'essai : 24 ou 48 heures selon votre temps de présence.
  • Vérifier le solde de tout compte : salaire, prévenance, congés payés.
  • S'inscrire rapidement à France Travail pour faire examiner ses droits, même en cas de doute.

Rupture de la période d'essai ou rupture conventionnelle ?

Pendant l'essai, la rupture conventionnelle n'a guère d'intérêt pour l'employeur, qui dispose déjà d'un mode de rupture simplifié. Une fois l'essai terminé, en revanche, le contrat devient définitif : l'employeur doit alors licencier selon la procédure légale, et le salarié démissionner ou négocier une rupture conventionnelle. D'où l'importance de vérifier la date réelle de fin de l'essai, prolongations pour absence comprises.

Se faire accompagner par un avocat en droit du travail

Une rupture de période d'essai paraît simple, mais un renouvellement irrégulier, une rupture pendant un arrêt de travail ou un motif sans lien avec le travail peuvent changer la qualification et les sommes dues. Un avocat en droit du travail analyse le contrat et la convention collective, chiffre les demandes et, si nécessaire, saisit le conseil de prud'hommes dans les délais. Pour trouver un professionnel, consultez nos sélections des avocats en droit du travail à Versailles, dans les Yvelines, à Paris et en Île-de-France, ainsi que notre guide pour choisir un bon avocat.

Questions fréquentes sur la rupture de la période d'essai

L'employeur peut-il rompre la période d'essai sans motif ?

Il n'a pas à énoncer de motif ni à suivre la procédure de licenciement. Mais le motif réel doit tenir à l'évaluation des compétences : une rupture pour un autre motif, économique, personnel ou discriminatoire, peut être jugée abusive.

Quel est le délai de prévenance en période d'essai ?

Pour l'employeur : 24 heures avant 8 jours de présence, 48 heures jusqu'à 1 mois, 2 semaines après 1 mois et 1 mois après 3 mois. Pour le salarié : 48 heures, ou 24 heures avant 8 jours de présence.

Que se passe-t-il si l'employeur ne respecte pas le délai de prévenance ?

Il doit verser une indemnité compensatrice égale aux salaires et avantages que le salarié aurait perçus jusqu'à la fin du délai, congés payés compris, sauf faute grave. La période d'essai ne peut pas être prolongée pour faire courir ce délai.

A-t-on droit au chômage après une rupture de période d'essai ?

Oui si l'employeur a rompu et que les conditions d'affiliation sont remplies. Si le salarié a rompu, c'est en principe non, sauf exceptions : rupture avant 65 jours travaillés après une perte involontaire d'emploi, ou reprise d'emploi en cours d'indemnisation.

L'employeur peut-il rompre l'essai pendant un arrêt maladie ?

Pas en raison de la maladie, ce qui serait discriminatoire. La rupture reste possible pour un motif lié aux compétences. En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, elle est interdite pendant l'arrêt, sauf faute grave sans lien avec l'accident.

Faut-il un écrit pour rompre la période d'essai ?

La loi n'impose aucune forme, mais un écrit daté, remis contre décharge ou envoyé en recommandé, est vivement conseillé pour prouver la date de la rupture et le point de départ du délai de prévenance.

Le renouvellement de la période d'essai peut-il être imposé ?

Non. Il suppose un accord de branche étendu, une clause dans le contrat et l'accord écrit du salarié donné pendant la période initiale. À défaut, l'essai a pris fin et une rupture ultérieure est un licenciement.

Dans quel délai contester une rupture de période d'essai ?

En principe douze mois à compter de la notification de la rupture. Le délai est de cinq ans à compter de la révélation de la discrimination lorsque la rupture est discriminatoire.

Sources officielles consultées le 26 octobre 2026 : fiche Service Public « Période d'essai pour un salarié » (vérifiée le 12 août 2026) ; Code du travail numérique, fiche « Arrêt maladie pendant la période d'essai » ; Unédic, rupture pendant la période d'essai (1er avril 2025) ; Code du travail, articles L. 1221-20, L. 1221-23, L. 1221-24, L. 1221-25, L. 1221-26, L. 1243-1, L. 1243-2, L. 6222-18, L. 1471-1 et L. 1134-5. Cet article donne une information générale et ne remplace pas l'analyse d'un dossier par un avocat.

avocatdeconfiance.fr
4min de lecture

Notre annuaire recense les meilleurs avocats en droit du travail à Versailles, sélectionnés pour leur expertise et leur engagement auprès des salariés, employeurs et cadres dirigeants.

Accédez à des profils vérifiés, des avis clients authentiques et trouvez rapidement le professionnel qu’il vous faut pour défendre vos droits ou sécuriser vos démarches juridiques.

Vous souhaitez rejoindre l'annuaire ?

Vous souhaitez rejoindre notre annuaire des meilleurs avocats à Versailles ? Publiez gratuitement votre cabinet et gagnez en visibilité locale dès aujourd’hui.