Montant de 10 %, exemples de calcul, versement avec le dernier salaire, exceptions, intérim, CDD requalifié et recours devant les prud'hommes : le guide 2026 de la prime de précarité pour le salarié en fin de CDD.

Par la rédaction d'Avocats de Confiance · Publié le 4 novembre 2026. Votre contrat à durée déterminée arrive à son terme et vous vous demandez si l'employeur doit vous verser une prime de précarité, combien elle représente et ce que vous pouvez faire si elle n'apparaît pas sur votre dernier bulletin de paie. La prime de précarité, aussi appelée « indemnité de fin de contrat » par le Code du travail, est un droit du salarié en CDD destiné à compenser la précarité de sa situation. Elle n'est pourtant pas versée dans tous les cas, et les erreurs de calcul ou les oublis restent fréquents au moment du solde de tout compte.
Ce guide fait le point, côté salarié, sur la prime de précarité en 2026 : sa définition, son montant de 10 %, le calcul avec des exemples chiffrés, le moment du versement, les exceptions prévues par la loi, le cas de l'intérim, les contrats qui n'y donnent pas droit et les recours possibles devant le conseil de prud'hommes. Chaque règle renvoie à l'article du Code du travail correspondant ou à la fiche officielle Service Public consultée le 4 novembre 2026.
| Question | Règle | Texte |
|---|---|---|
| Qui y a droit ? | Le salarié en CDD dont le contrat de travail ne se poursuit pas par un CDI | C. trav., art. L. 1243-8 |
| Montant | 10 % de la rémunération totale brute versée pendant le contrat | C. trav., art. L. 1243-8 |
| Taux réduit | 6 % si un accord collectif le prévoit, avec un accès privilégié à la formation professionnelle | C. trav., art. L. 1243-9 |
| Date de versement | À la fin du contrat, avec le dernier salaire, sur le bulletin de paie | C. trav., art. L. 1243-8 |
| Cas où elle n'est pas due | Faute grave, force majeure, rupture anticipée à l'initiative du salarié, refus d'un CDI pour un emploi similaire, CDD saisonnier ou d'usage, contrat étudiant pendant les vacances | C. trav., art. L. 1243-10 |
| Rupture anticipée par l'employeur | Dommages et intérêts au moins égaux aux salaires restant dus, en plus de la prime de précarité | C. trav., art. L. 1243-4 |
| Intérim | Indemnité de fin de mission de 10 %, versée par l'entreprise de travail temporaire | C. trav., art. L. 1251-32 |
| Délai pour réclamer | 3 ans, comme pour un salaire impayé | C. trav., art. L. 3245-1 |
La prime de précarité est une indemnité versée au salarié à la fin d'un contrat de travail à durée déterminée lorsque la relation de travail ne se poursuit pas par un contrat à durée indéterminée. Le Code du travail la définit comme une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de la situation du salarié, versée « à titre de complément de salaire » (article L. 1243-8). On parle donc indifféremment de prime de précarité, d'indemnité de précarité, d'indemnité de fin de contrat ou d'indemnité de fin de CDD : il s'agit du même droit.
Son principe est simple. Le CDD est un contrat de travail temporaire par nature : à son terme, le salarié perd son emploi sans préavis et sans indemnité de licenciement. La prime de précarité compense cette situation par une somme calculée sur ce qu'il a gagné pendant toute la durée du contrat. Parce qu'elle a la nature d'un complément de salaire, elle figure sur le bulletin de paie et suit le régime social et fiscal du salaire : elle est soumise aux cotisations sociales et entre dans le revenu soumis à l'impôt.
La prime de précarité ne doit pas être confondue avec d'autres sommes de fin de contrat. La rupture conventionnelle, réservée au contrat à durée indéterminée, ne s'applique pas au CDD ; notre article sur la rupture conventionnelle en 2026 présente ce mode de rupture du contrat propre au CDI. De même, la rupture anticipée à l'initiative du salarié, qui joue en CDD le rôle d'une démission, obéit à des règles particulières détaillées plus bas.
Les règles détaillées dans cet article sont celles du Code du travail. Elles s'appliquent aux salariés du secteur privé en CDD et aux intérimaires. Les agents contractuels de la fonction publique, d'État, territoriale ou hospitalière, relèvent d'un régime distinct, fixé par les textes propres à chaque fonction publique, que nous ne traitons pas ici : un agent public doit se reporter aux règles de son employeur public et, en cas de doute, à son service des ressources humaines.
Le droit à la prime de précarité suppose trois conditions, qui découlent de l'article L. 1243-8 du Code du travail :
La durée du contrat importe peu : un CDD de quelques semaines ouvre droit à la prime de précarité comme un CDD de dix-huit mois. Le temps de travail non plus : un salarié à temps partiel y a droit dans les mêmes conditions qu'un salarié à temps plein, la prime étant simplement calculée sur une rémunération plus faible.
Lorsque le CDD est renouvelé, le contrat est prolongé : la prime de précarité n'est versée qu'à la fin du dernier renouvellement, sur la rémunération brute de toute la période, contrat initial compris. Lorsque le salarié enchaîne plusieurs CDD distincts avec le même employeur, chaque contrat qui prend fin sans être suivi d'un CDI ouvre droit, en principe, à sa propre prime de précarité. La règle de l'article L. 1243-8 s'applique en effet « à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée ».
Si l'employeur vous embauche en contrat à durée indéterminée immédiatement à l'issue de votre CDD, la prime de précarité n'est pas versée. Le Code du travail ne la prévoit que lorsque « les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée ». Une embauche en CDI chez un autre employeur, en revanche, ne prive pas le salarié de la prime versée par l'entreprise qu'il quitte.
Le calcul de la prime de précarité tient en une formule : 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié pendant le contrat (article L. 1243-8), c'est-à-dire sur la totalité des salaires bruts perçus au titre de votre contrat. Le montant de la prime n'est pas plafonné. Service Public précise que ce taux de 10 % est un minimum : une convention collective, un accord d'entreprise ou le contrat de travail peuvent prévoir un pourcentage plus favorable.
La rémunération à prendre en compte est la rémunération brute totale, et non le seul salaire de base : elle comprend l'ensemble des éléments de salaire versés pendant la durée du contrat, comme les heures supplémentaires ou les primes. La prime de précarité s'ajoute ensuite à cette rémunération totale brute : elle ne se confond ni avec le dernier salaire, ni avec l'indemnité compensatrice de congés payés éventuellement due pour les jours de congé non pris.
L'article L. 1243-9 du Code du travail permet à une convention ou un accord collectif de branche étendu, ou à un accord d'entreprise ou d'établissement, de limiter le montant de l'indemnité de fin de contrat à 6 %. Cette réduction n'est possible qu'en échange de contreparties offertes aux salariés en CDD, notamment un accès privilégié à la formation professionnelle. Si votre bulletin de paie mentionne une prime calculée à 6 %, demandez à l'employeur la référence de l'accord qui le prévoit et vérifiez que les contreparties de formation existent réellement.
| Situation | Rémunération totale brute du contrat | Taux | Prime de précarité |
|---|---|---|---|
| CDD de 6 mois à 2 200 € brut par mois, sans prime | 13 200 € | 10 % | 1 320 € brut |
| Même CDD avec 600 € d'heures supplémentaires et de primes | 13 800 € | 10 % | 1 380 € brut |
| Même CDD, accord collectif à 6 % avec contreparties de formation | 13 800 € | 6 % | 828 € brut |
| CDD de 3 mois à temps partiel, 1 100 € brut par mois | 3 300 € | 10 % | 330 € brut |
Ces montants sont bruts : la prime de précarité supporte les cotisations sociales comme un salaire, le montant net perçu est donc inférieur. Pour estimer votre propre situation, Service Public propose un outil gratuit sur son site service-public.gouv.fr : le simulateur officiel « Calculer l'indemnité de précarité d'un salarié », accessible depuis la fiche pratique consacrée à la prime de précarité. Le simulateur de prime de précarité demande la rémunération brute perçue pendant le contrat et applique le taux légal ; il ne remplace pas la lecture de votre convention collective lorsque celle-ci prévoit un taux plus élevé ou un régime particulier.
Le versement de la prime intervient à la fin du contrat, en même temps que le dernier salaire, et la prime figure sur le bulletin de salaire correspondant (article L. 1243-8). Elle fait partie des sommes réglées au salarié à la fin de son contrat de travail, avec le solde de tout compte, l'attestation France Travail et le certificat de travail. La loi fixe ce moment : l'employeur n'a pas à attendre la fin d'une période de recherche d'emploi ou une demande du salarié pour la payer.
Vérifiez donc le dernier bulletin de paie : une ligne « indemnité de fin de contrat » ou « prime de précarité » doit y apparaître, avec son montant. Le reçu pour solde de tout compte récapitule les sommes versées ; s'il ne mentionne pas la prime de précarité, la contestation reste possible. Notre article sur le solde de tout compte, ses délais et sa contestation détaille cette étape, et celui sur le certificat de travail rappelle les documents que l'employeur doit remettre.
L'article L. 1243-10 du Code du travail énumère les cas où l'indemnité de fin de contrat n'est pas due. Service Public les reprend dans sa fiche sur la prime de précarité, en distinguant le cas général et les contrats particuliers.
| Situation | Prime de précarité | Texte |
|---|---|---|
| Faute grave du salarié | Non due | L. 1243-10, 4° |
| Force majeure | Non due | L. 1243-10, 4° |
| Rupture anticipée à l'initiative du salarié | Non due | L. 1243-10, 4° |
| Refus d'un CDI pour le même emploi ou un emploi similaire, à rémunération au moins équivalente | Non due | L. 1243-10, 3° |
| Contrat conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires | Non due | L. 1243-10, 2° |
| CDD saisonnier, CDD d'usage et contrats conclus au titre de la politique de l'emploi | Non due, sauf dispositions conventionnelles plus favorables | L. 1243-10, 1° |
| Contrat d'apprentissage, de professionnalisation, CUI-CAE ou PEC | Non due, sauf si la convention collective le prévoit | Service Public, fiche F803 |
| CDD suivi immédiatement d'un CDI chez le même employeur | Non due | L. 1243-8 |
| Rupture anticipée par l'employeur hors faute grave, force majeure ou inaptitude | Due, en plus des dommages et intérêts | L. 1243-4 |
Le salarié perd la prime de précarité en cas de rupture du contrat avant son terme à son initiative, en cas de faute grave de sa part ou en cas de force majeure. La faute grave est un manquement qui rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise, même pendant la durée restant à courir. Si l'employeur invoque cette qualification pour rompre votre CDD et ne pas payer la prime, le litige peut être porté devant le juge : notre article sur le licenciement pour faute grave et ses conséquences sur les indemnités explique ce que recouvre cette notion.
L'employé qui refuse la conclusion d'un contrat à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente, perd le droit à la prime de précarité. Les conditions sont cumulatives : une offre d'embauche sur un poste différent, ou avec un salaire inférieur, ne fait pas perdre la prime en cas de refus. Conservez donc une trace écrite de la proposition et de ses conditions, notamment le poste, la rémunération et la date de prise de fonction.
Certains contrats n'ouvrent pas droit à la prime de précarité, sauf dispositions plus favorables : le CDD saisonnier, le CDD d'usage dans les secteurs où il est autorisé, le contrat conclu avec un étudiant pendant ses vacances, le contrat d'apprentissage, le contrat de professionnalisation et les contrats aidés comme le CUI-PEC. Pour ces contrats, la convention collective applicable, celle dont relève l'activité principale de l'entreprise, peut prévoir le versement d'une prime de fin de contrat ; pour le contrat étudiant, les usages de l'entreprise peuvent aussi la prévoir. Un simulateur permet de rechercher la convention collective avec le nom de l'entreprise ou son numéro Siret : le service « Trouver sa convention collective » de Service Public. L'intitulé de la convention collective figure en principe sur le bulletin de paie, et le service du personnel de l'entreprise peut vous l'indiquer.
La rupture anticipée du CDD décidée par l'employeur en dehors des cas de faute grave, de force majeure ou d'inaptitude constatée par le médecin du travail est sanctionnée : le salarié a droit à des dommages et intérêts d'un montant au moins égal aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'au terme du contrat, « sans préjudice de l'indemnité de fin de contrat » (article L. 1243-4). Autrement dit, la prime de précarité reste due en plus de cette indemnisation. Si la rupture intervient pendant la période d'essai, des règles propres s'appliquent : consultez notre article sur la rupture de la période d'essai.
Le salarié intérimaire, lié à une entreprise de travail temporaire par un contrat de mission, perçoit une indemnité équivalente : l'indemnité de fin de mission. Selon l'article L. 1251-32 du Code du travail, lorsque le salarié ne bénéficie pas immédiatement d'un CDI avec l'entreprise utilisatrice, il a droit à une indemnité égale à 10 % de la rémunération totale brute due au titre de la mission. Elle est versée par l'entreprise de travail temporaire à l'issue de chaque mission effectivement accomplie, avec le dernier salaire, et figure sur le bulletin de paie. Service Public indique qu'elle n'est pas versée en cas de faute grave, de force majeure ou de rupture anticipée du contrat à l'initiative du salarié.
Un CDD irrégulier, par exemple conclu en dehors des cas autorisés par la loi, peut être requalifié en contrat à durée indéterminée par le conseil de prud'hommes. La demande de requalification est portée directement devant le bureau de jugement, qui statue au fond dans un délai d'un mois suivant sa saisine. Lorsque le juge fait droit à la demande du salarié, il lui accorde une indemnité de requalification, à la charge de l'employeur, qui ne peut être inférieure à un mois de salaire (article L. 1245-2). La fin de la relation de travail est alors examinée selon les règles de rupture d'un CDI, ce qui peut ouvrir droit à une indemnité de licenciement et à des dommages et intérêts. Notre article sur la contestation d'un licenciement présente ces recours.
Si la prime de précarité n'apparaît pas sur votre dernier bulletin de paie, ou si son montant vous paraît inférieur à 10 % de la rémunération brute du contrat, plusieurs démarches sont possibles.
La prime de précarité étant versée à titre de complément de salaire, l'action en paiement relève en principe de la prescription des salaires. L'article L. 3245-1 du Code du travail fixe ce délai à trois ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir ; lorsque le contrat est rompu, la demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois années précédant la rupture. N'attendez pas la dernière limite : plus la réclamation est rapide, plus les preuves, bulletins de paie et échanges écrits, sont faciles à réunir. Les mêmes règles valent pour d'autres sommes impayées, comme les heures supplémentaires non payées.
Un avocat en droit du travail est utile lorsque l'employeur refuse de verser la prime de précarité en invoquant une faute contestable, lorsque le CDD a été rompu avant son terme, lorsque plusieurs CDD successifs laissent penser que le contrat aurait dû être à durée indéterminée, ou lorsque le montant en jeu justifie une action devant le conseil de prud'hommes. Il vérifie la convention collective, chiffre les sommes dues et apprécie l'opportunité d'une demande de requalification. Pour trouver un professionnel, consultez nos sélections des avocats en droit du travail à Versailles, dans les Yvelines, à Paris et en Île-de-France. Les honoraires se discutent dès le premier contact, avant tout engagement, et notre guide pour choisir un bon avocat aide à comparer les cabinets.
C'est l'indemnité de fin de contrat versée au salarié en CDD lorsque son contrat de travail ne se poursuit pas par un CDI. Elle compense la précarité de sa situation et a la nature d'un complément de salaire (C. trav., art. L. 1243-8).
Elle est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée pendant toute la durée du contrat, renouvellement compris. Exemple : un CDD de 6 mois à 2 200 € brut par mois donne une prime de 1 320 € brut. Un accord collectif peut réduire le taux à 6 % en échange d'un accès privilégié à la formation.
À la fin du contrat, en même temps que le dernier salaire. Elle doit apparaître sur le bulletin de paie correspondant et figure parmi les sommes du solde de tout compte.
Le salarié du secteur privé en CDD de droit commun, à temps plein ou à temps partiel, dont le contrat arrive à son terme sans embauche en CDI. L'intérimaire perçoit une indemnité de fin de mission équivalente de 10 %.
Elle n'est pas due en cas de faute grave, de force majeure, de rupture anticipée à l'initiative du salarié, de refus d'un CDI pour un emploi similaire à rémunération au moins équivalente, ni pour les CDD saisonniers, d'usage, étudiants, d'apprentissage, de professionnalisation ou les contrats aidés, sauf convention collective plus favorable.
Le simulateur officiel de Service Public, « Calculer l'indemnité de précarité d'un salarié », part de la rémunération brute perçue pendant le contrat et applique le taux légal. Il donne une estimation ; votre convention collective peut prévoir un taux plus favorable.
Oui, sauf faute grave, force majeure ou inaptitude constatée par le médecin du travail. Le salarié a droit en plus à des dommages et intérêts au moins égaux aux salaires qu'il aurait perçus jusqu'au terme du contrat (C. trav., art. L. 1243-4).
Oui. Versée à titre de complément de salaire, elle figure sur le bulletin de paie, supporte les cotisations sociales et entre dans le revenu imposable comme le salaire.
Réclamez-la par écrit à l'employeur, en rappelant l'article L. 1243-8 du Code du travail. À défaut de paiement, saisissez le conseil de prud'hommes. L'action en paiement se prescrit en principe par trois ans (C. trav., art. L. 3245-1).
Sources officielles consultées le 4 novembre 2026 : Service Public, « Le salarié du secteur privé en CDD perçoit-il une prime de précarité à la fin de son contrat de travail ? » (fiche F803, vérifiée le 6 octobre 2026) et simulateur « Calculer l'indemnité de précarité d'un salarié » ; Code du travail, articles L. 1243-8, L. 1243-9, L. 1243-10, L. 1243-4, L. 1245-2, L. 1251-32 et L. 3245-1 (Code du travail numérique) ; articles L. 1243-5 à L. 1243-12 sur Légifrance. Cet article donne une information générale et ne remplace pas l'analyse d'un dossier par un avocat.

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