Motif, reclassement, critères d'ordre, entretien préalable, lettre, CSP, indemnités et recours : la procédure de licenciement économique expliquée étape par étape en 2026.

Par la rédaction d'Avocats de Confiance · Publié le 27 octobre 2026. Le licenciement économique est le licenciement décidé pour un motif qui ne tient pas à la personne du salarié : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation de l'entreprise ou cessation d'activité. Parce que le salarié n'a commis aucune faute, la loi encadre très strictement la procédure de licenciement économique : recherche de reclassement, critères d'ordre, entretien préalable, délais d'envoi de la lettre, information de l'administration, proposition d'un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) ou d'un congé de reclassement.
Ce guide présente, étape par étape, la procédure de licenciement économique en 2026, du licenciement individuel au plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), puis les droits du salarié licencié : préavis, indemnités, CSP, priorité de réembauche et recours devant le conseil de prud'hommes. Chaque règle renvoie au Code du travail ou à la fiche Service Public « Licenciement économique : obligations de l'employeur » (vérifiée le 3 avril 2026).
| Étape | Règle | Source |
|---|---|---|
| Motif économique | Difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ou cessation d'activité | C. trav., L. 1233-3 |
| Reclassement | Recherche obligatoire dans l'entreprise et le groupe en France, offres écrites et précises | C. trav., L. 1233-4 |
| Critères d'ordre | Charges de famille, ancienneté, difficultés de réinsertion, qualités professionnelles | C. trav., L. 1233-5 |
| Convocation à l'entretien | Lettre recommandée ou remise en main propre, au moins 5 jours ouvrables avant l'entretien | C. trav., L. 1233-11 |
| Lettre de licenciement | Envoyée au moins 7 jours ouvrables après l'entretien (15 pour un cadre en licenciement individuel) | C. trav., L. 1233-15 |
| Information de l'administration | DREETS informée dans les 8 jours suivant l'envoi des lettres (moins de 10 licenciements) | C. trav., L. 1233-19 ; D. 1233-3 |
| CSP | Proposé dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, délai de réflexion de 21 jours | Service Public |
| Contestation | 12 mois à compter de la notification, ou de l'adhésion au CSP | C. trav., L. 1471-1 et L. 1233-67 |
Selon l'article L. 1233-3 du Code du travail, constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié, résultant d'une suppression ou d'une transformation d'emploi, ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel de son contrat de travail. Le licenciement doit, comme tout licenciement, reposer sur une cause réelle et sérieuse.
Pour la baisse des commandes ou du chiffre d'affaires, la loi fixe une durée minimale de baisse, appréciée en comparaison avec la même période de l'année précédente :
| Effectif de l'entreprise | Durée minimale de la baisse significative |
|---|---|
| Moins de 11 salariés | 1 trimestre |
| De 11 à moins de 50 salariés | 2 trimestres consécutifs |
| De 50 à moins de 300 salariés | 3 trimestres consécutifs |
| 300 salariés et plus | 4 trimestres consécutifs |
La suppression ou la transformation d'emploi s'apprécie au niveau de l'entreprise. Les difficultés économiques, les mutations technologiques ou la nécessité de sauvegarder la compétitivité s'apprécient au niveau de l'entreprise si elle n'appartient pas à un groupe ; sinon, au niveau du secteur d'activité commun à cette entreprise et aux entreprises du groupe établies en France. Ces indicateurs ne sont pas une liste fermée : le juge peut retenir d'autres éléments, comme nous l'expliquons dans notre article sur les difficultés économiques appréciées hors des indicateurs légaux.
La procédure de licenciement économique dépend du nombre de salariés concernés. Lorsque l'employeur envisage de licencier un seul salarié, il doit suivre les étapes ci-dessous, dans cet ordre. Pour un salarié protégé (élu du CSE, délégué syndical), le CSE doit en outre être consulté et l'autorisation de l'inspecteur du travail est obligatoire avant toute notification.
Lorsque plusieurs salariés occupent des emplois de même catégorie, l'employeur ne choisit pas librement la personne licenciée. Il applique des critères d'ordre, fixés par accord collectif ou, à défaut, par lui-même après consultation du CSE. D'après l'article L. 1233-5 du Code du travail, ces critères prennent en compte :
L'employeur peut privilégier un critère, à condition de tenir compte de l'ensemble des autres. Sauf accord collectif, le périmètre d'application des critères ne peut pas être inférieur à chaque zone d'emploi où sont situés un ou plusieurs établissements concernés par les suppressions d'emploi.
Le licenciement économique n'est possible que si le reclassement du salarié est impossible. L'article L. 1233-4 du Code du travail impose à l'employeur de réaliser tous les efforts de formation et d'adaptation, puis de rechercher un poste disponible dans l'entreprise ou dans les autres entreprises du groupe situées sur le territoire national. Le salarié se voit d'abord proposer un emploi de même catégorie, ou un emploi équivalent assorti d'une rémunération équivalente ; à défaut, et sous réserve de son accord exprès, un emploi d'une catégorie inférieure.
Les offres de reclassement doivent être écrites et précises. Elles sont adressées personnellement à chaque salarié, ou diffusées par une liste des postes disponibles communiquée à l'ensemble des salariés. L'acceptation d'un poste met fin à la procédure. Une recherche de reclassement sérieuse et loyale est un point central du contrôle du juge : son absence prive le licenciement de cause réelle et sérieuse.
L'employeur convoque le salarié par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. La convocation indique l'objet de l'entretien, sa date, son heure et son lieu, ainsi que la possibilité pour le salarié de se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise ou, en l'absence de représentants du personnel, par un conseiller du salarié, avec l'adresse des services où la liste de ces conseillers est disponible (mairie, inspection du travail). Un délai d'au moins 5 jours ouvrables doit séparer la présentation de la lettre de convocation et la date de l'entretien. Service Public met en ligne un modèle de lettre de convocation pour les projets de moins de 10 licenciements sur 30 jours.
Lors de l'entretien préalable, l'employeur expose les motifs de la décision envisagée et recueille les explications du salarié. Il doit aussi l'informer du dispositif d'accompagnement : le contrat de sécurisation professionnelle dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, le congé de reclassement au-delà. Le salarié peut se taire, poser des questions, demander les éléments chiffrés qui justifient le motif économique et vérifier que les recherches de reclassement ont bien eu lieu. Nos conseils pour préparer ce rendez-vous figurent dans notre article sur l'entretien préalable et les droits du salarié.
Selon l'article L. 1233-15 du Code du travail, la lettre de licenciement est envoyée par lettre recommandée avec avis de réception. Elle ne peut être expédiée moins de 7 jours ouvrables à compter de la date prévue de l'entretien préalable ; ce délai est porté à 15 jours ouvrables pour le licenciement individuel d'un cadre.
Le contenu de la lettre est imposé. Elle énonce les motifs économiques invoqués par l'employeur et mentionne la priorité de réembauche et ses conditions de mise en œuvre (C. trav., L. 1233-16). Service Public précise qu'elle doit aussi indiquer, le cas échéant, l'impossibilité de reclassement, la proposition de CSP ou de congé de reclassement et le délai dont dispose le salarié pour contester. La lettre doit préciser à la fois la cause économique (les difficultés, par exemple) et sa conséquence sur l'emploi du salarié (suppression du poste, transformation, modification refusée).
Dans les 15 jours suivant la notification, le salarié peut demander à l'employeur de préciser les motifs de la lettre ; l'employeur dispose alors de 15 jours pour répondre. L'employeur peut aussi apporter ces précisions de sa propre initiative dans le même délai (article R. 1233-2-2). La lettre, éventuellement précisée, fixe les limites du litige : l'employeur ne pourra pas invoquer d'autres motifs devant le juge.
L'employeur informe la DREETS (direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) des licenciements économiques prononcés dans les 8 jours suivant l'envoi des lettres de licenciement. La déclaration se fait notamment sur le portail en ligne RUPCO. Ce n'est pas une demande d'autorisation, sauf pour les salariés protégés.
Le contrat de travail prend fin à l'issue du préavis, sauf si le salarié en est dispensé ou s'il a accepté un CSP, un congé de reclassement ou un congé de mobilité. L'employeur remet alors les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail et reçu pour solde de tout compte.
Lorsque le projet porte sur au moins 2 et au plus 9 salariés sur une même période de 30 jours, la procédure de licenciement économique comporte une étape supplémentaire : la consultation du comité social et économique (CSE), s'il existe. L'employeur convoque les élus au moins 3 jours avant la réunion et leur transmet les informations utiles sur le projet : raisons économiques, nombre de licenciements envisagés, catégories professionnelles concernées, critères d'ordre, calendrier prévisionnel et mesures pour éviter les licenciements ou faciliter le reclassement. Le CSE rend son avis dans un délai d'un mois à compter de la première réunion. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, il peut se faire assister d'un expert, à ses frais.
En l'absence de CSE, l'employeur doit disposer d'un procès-verbal de carence ; à défaut, la procédure est irrégulière. Les étapes suivantes sont les mêmes que pour un licenciement individuel : critères d'ordre, reclassement, entretien préalable de chaque salarié, lettre envoyée au moins 7 jours ouvrables après l'entretien, puis information de l'administration dans les 8 jours.
Le licenciement économique collectif d'au moins 10 salariés sur 30 jours obéit à une procédure plus lourde. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, l'employeur doit établir un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) (C. trav., L. 1233-61), qui regroupe les mesures destinées à éviter les licenciements ou à en limiter le nombre et à faciliter le reclassement des salariés : reclassement interne, création d'activités, aides à la mobilité, actions de formation, réduction du temps de travail. Le PSE est fixé par un accord collectif majoritaire ou par un document unilatéral de l'employeur.
Service Public signale aussi des règles anti-fractionnement : la procédure renforcée s'applique lorsque plus de 10 licenciements économiques ont été prononcés sur 3 mois consécutifs sans atteindre 10 sur 30 jours, ou plus de 18 sur une année civile.
Le CSE est réuni au moins deux fois, à 15 jours d'intervalle au moins, sauf en cas de redressement ou de liquidation judiciaire. Il rend son avis dans un délai qui court à compter de la première réunion :
| Nombre de licenciements envisagés | Délai pour l'avis du CSE |
|---|---|
| Moins de 100 | 2 mois |
| De 100 à 249 | 3 mois |
| 250 et plus | 4 mois |
À défaut d'avis dans ce délai, le CSE est réputé consulté. La DREETS contrôle ensuite le PSE : elle dispose de 15 jours pour valider un accord collectif et de 21 jours pour homologuer un document unilatéral. Dans les entreprises de 50 salariés et plus, les lettres de licenciement ne peuvent être envoyées qu'après cette décision, ou après l'expiration du délai. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, elles sont envoyées au plus tôt 30 jours après la notification du projet à l'administration.
En présence d'un CSE, l'entretien préalable n'est pas obligatoire pour chaque salarié dans un licenciement de 10 salariés ou plus ; il le reste en l'absence de CSE et pour les salariés protégés.
| Délai | Durée | Point de départ |
|---|---|---|
| Convocation à l'entretien préalable | 5 jours ouvrables minimum | Présentation de la lettre de convocation |
| Envoi de la lettre de licenciement | 7 jours ouvrables minimum (15 pour un cadre, licenciement individuel) | Date prévue de l'entretien |
| Réflexion sur le CSP | 21 jours calendaires | Remise de la proposition de CSP |
| Réponse au congé de reclassement | 8 jours calendaires | Notification de la lettre de licenciement |
| Information de la DREETS | 8 jours | Envoi des lettres (moins de 10 licenciements) |
| Demande de précision des motifs | 15 jours, puis 15 jours pour la réponse | Notification du licenciement |
| Priorité de réembauche | 1 an | Fin du contrat de travail |
| Contestation du licenciement | 12 mois | Notification du licenciement ou adhésion au CSP |
Le CSP est un dispositif d'accompagnement renforcé vers l'emploi, géré par France Travail. Selon la fiche Service Public consacrée au CSP (vérifiée le 6 août 2026), l'employeur doit le proposer à tout salarié en CDI dont le licenciement économique est envisagé dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, ainsi que dans les entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire, quel que soit leur effectif. Il le présente lors de l'entretien préalable et le rappelle dans la lettre de licenciement si le salarié n'a pas encore répondu.
Le salarié dispose d'un délai de réflexion de 21 jours calendaires pour accepter ou refuser le contrat de sécurisation professionnelle. Pour un salarié protégé, ce délai est prolongé jusqu'au lendemain de la décision de l'inspecteur du travail. Le silence vaut refus. En cas de refus, le licenciement suit son cours normal : préavis, indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de congés payés et, si les conditions sont remplies, allocation chômage.
En cas d'acceptation, le contrat de travail est rompu d'un commun accord à la fin du délai de réflexion, sans préavis. Le salarié perçoit l'indemnité de licenciement s'il remplit la condition d'ancienneté. Lorsqu'il a au moins un an d'ancienneté, l'employeur verse à France Travail l'équivalent de l'indemnité compensatrice de préavis, dans la limite de 3 mois de salaire ; la part qui dépasse ce plafond est versée au salarié. Pendant 12 mois au plus, le bénéficiaire perçoit l'allocation de sécurisation professionnelle (ASP) : avec au moins un an d'ancienneté, elle est égale à 75 % du salaire journalier de référence, sans pouvoir être inférieure à l'allocation chômage ; avec moins d'un an, son montant est celui de l'allocation de retour à l'emploi (ARE).
| Critère | CSP | Congé de reclassement |
|---|---|---|
| Entreprises concernées | Moins de 1 000 salariés, ou en redressement ou liquidation judiciaire | 1 000 salariés et plus (entreprise, établissement ou groupe) |
| Délai de réponse | 21 jours calendaires | 8 jours calendaires après la notification du licenciement |
| Durée | 12 mois maximum | 4 à 12 mois en principe, jusqu'à 24 mois pour une reconversion |
| Rémunération | ASP : 75 % du salaire journalier de référence avec au moins 1 an d'ancienneté | Salaire pendant le préavis, puis allocation d'au moins 65 % de la rémunération brute moyenne et au moins 85 % du Smic |
| Statut | Contrat de travail rompu, stagiaire de la formation professionnelle | Salarié de l'entreprise pendant le congé |
Le salarié licencié pour motif économique qui n'adhère pas au CSP bénéficie d'un préavis, travaillé ou non. D'après l'article L. 1234-1 du Code du travail, sa durée légale est d'un mois avec une ancienneté de 6 mois à moins de 2 ans et de 2 mois au-delà, sauf disposition plus favorable de la convention collective, du contrat ou des usages. Si l'employeur le dispense d'exécuter le préavis, il lui verse une indemnité compensatrice.
Le salarié perçoit aussi l'indemnité légale de licenciement, due après 8 mois d'ancienneté ininterrompue (article L. 1234-9). Selon l'article R. 1234-2 du Code du travail, elle ne peut être inférieure à un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années jusqu'à dix ans, puis à un tiers de mois de salaire par année à partir de dix ans. L'indemnité conventionnelle s'applique si elle est plus favorable, et un PSE prévoit souvent une indemnité supplémentaire. S'y ajoutent l'indemnité compensatrice de congés payés et, le cas échéant, la contrepartie d'une clause de non-concurrence.
Le licenciement économique ouvre droit à l'allocation chômage si le salarié remplit les conditions d'affiliation : il s'inscrit à France Travail dès la fin du contrat. S'il a adhéré au CSP, il perçoit l'ASP à la place de l'ARE pendant la durée du dispositif.
Le salarié licencié pour motif économique bénéficie d'une priorité de réembauche pendant un an à compter de la date de rupture de son contrat, à condition d'en faire la demande au cours de ce même délai (C. trav., L. 1233-45). L'employeur doit alors l'informer de tout emploi devenu disponible et compatible avec sa qualification, et informer les représentants du personnel des postes disponibles. Une nouvelle qualification acquise après le licenciement ouvre aussi la priorité, si le salarié en informe l'employeur. Le non-respect de cette priorité est sanctionné par une indemnité qui ne peut être inférieure à un mois de salaire (C. trav., L. 1235-13).
Le salarié dispose de 12 mois à compter de la notification du licenciement pour contester la rupture devant le conseil de prud'hommes (C. trav., L. 1471-1). S'il a adhéré au CSP, toute contestation portant sur la rupture du contrat ou sur son motif se prescrit par 12 mois à compter de l'adhésion, à condition que ce délai ait été mentionné dans la proposition de CSP (C. trav., L. 1233-67). Accepter le CSP ne fait donc pas perdre le droit de contester le motif économique. Pour la marche à suivre, voir notre guide contester un licenciement : délais et recours et notre article sur la saisine du conseil de prud'hommes.
| Grief | Conséquence possible | Source |
|---|---|---|
| Motif économique non établi ou reclassement non recherché | Licenciement sans cause réelle et sérieuse, indemnité selon le barème | C. trav., L. 1235-3 |
| Procédure irrégulière, licenciement fondé | Indemnité d'un mois de salaire au plus | C. trav., L. 1235-2 |
| Lettre insuffisamment motivée, sans demande de précision du salarié | Indemnité d'un mois de salaire au plus | C. trav., L. 1235-2 |
| Critères d'ordre non respectés | Dommages-intérêts réparant le préjudice subi | Jurisprudence constante |
| Priorité de réembauche non respectée | Indemnité d'au moins un mois de salaire | C. trav., L. 1235-13 |
| Licenciement discriminatoire ou lié à une liberté fondamentale | Nullité, réintégration ou indemnité d'au moins 6 mois de salaire | C. trav., L. 1235-3-1 |
Le juge vérifie la réalité du motif économique à la date du licenciement, le lien entre ce motif et la suppression du poste, le sérieux de la recherche de reclassement et le respect des critères d'ordre. Il ne contrôle pas, en revanche, les choix de gestion de l'employeur entre plusieurs solutions possibles. En cas de PSE, la contestation de la décision de validation ou d'homologation relève du juge administratif.
La distinction a des conséquences pratiques importantes. Le licenciement pour motif personnel repose sur la personne du salarié : faute, comme dans le licenciement pour faute grave, insuffisance professionnelle ou inaptitude. Le licenciement économique, lui, repose sur la situation de l'entreprise. Seul ce dernier impose une obligation de reclassement au sein de l'entreprise et du groupe, l'application de critères d'ordre, la consultation des représentants du personnel au-delà d'un seuil, la proposition d'un CSP ou d'un congé de reclassement et la priorité de réembauche. Le délai d'envoi de la lettre diffère aussi : 2 jours ouvrables après l'entretien pour un motif personnel (C. trav., L. 1232-6), 7 jours ouvrables au moins pour un motif économique.
Le juge n'est pas lié par la qualification retenue dans la lettre. Un licenciement présenté comme personnel alors qu'il a pour cause réelle une suppression de poste peut être requalifié en licenciement économique, avec les conséquences d'une procédure non respectée. À l'inverse, l'employeur qui invoque un motif économique doit être en mesure d'en justifier la réalité, quel que soit l'effectif de l'entreprise, et le projet de licenciement collectif doit être apprécié dans sa globalité : plusieurs départs étalés dans le temps peuvent faire franchir les seuils de 2 ou de 10 salariés.
Certains employeurs proposent une rupture conventionnelle plutôt qu'un licenciement économique. Le salarié n'est jamais obligé d'accepter. Avant de signer, il compare l'indemnité proposée avec l'indemnité de licenciement, le préavis, l'accès au CSP et la priorité de réembauche, qui n'existent pas en cas de rupture conventionnelle. Une rupture conventionnelle signée dans un contexte de suppressions d'emplois massives peut, dans certains cas, être remise en cause si elle a servi à contourner les règles du licenciement économique collectif.
La procédure de licenciement économique est l'une des plus techniques du droit du travail : appréciation du motif au niveau du groupe, sérieux du reclassement, critères d'ordre, choix entre CSP et préavis, montant des indemnités. Avant toute démarche juridique, il faut vérifier si l'employeur a respecté chaque étape et chaque délai. Un avocat en droit du travail analyse la lettre de licenciement et les documents remis au CSE, chiffre les demandes et, si nécessaire, saisit le conseil de prud'hommes dans le délai de 12 mois. Pour trouver un professionnel, consultez nos sélections des avocats en droit du travail à Versailles, dans les Yvelines, à Paris et en Île-de-France, ainsi que notre guide pour choisir un bon avocat.
Pour un licenciement individuel : application des critères d'ordre, recherche de reclassement, convocation à l'entretien préalable au moins 5 jours ouvrables avant, entretien, lettre de licenciement envoyée au moins 7 jours ouvrables après l'entretien (15 pour un cadre), puis information de la DREETS dans les 8 jours. Le CSE est consulté à partir de 2 licenciements.
Les difficultés économiques, les mutations technologiques, une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité et la cessation d'activité de l'entreprise. Le motif doit entraîner une suppression ou une transformation d'emploi, ou une modification du contrat refusée par le salarié.
Par lettre recommandée avec avis de réception, qui énonce le motif économique et sa conséquence sur l'emploi, mentionne la priorité de réembauche, le CSP ou le congé de reclassement et le délai de contestation.
Oui. Il dispose de 21 jours calendaires pour se décider et son silence vaut refus. Il effectue alors son préavis, ou en est indemnisé, et peut percevoir l'allocation chômage s'il remplit les conditions.
Préavis ou indemnité compensatrice, indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, indemnité de congés payés, CSP ou congé de reclassement, priorité de réembauche pendant un an et droit à l'allocation chômage sous conditions.
C'est le plan obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés qui envisagent au moins 10 licenciements économiques sur 30 jours. Il prévoit les mesures pour éviter ou limiter les licenciements et faciliter le reclassement, et doit être validé ou homologué par la DREETS.
Douze mois à compter de la notification du licenciement, ou à compter de l'adhésion au CSP si ce délai figurait dans la proposition. Le recours est porté devant le conseil de prud'hommes.
Le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse. Le salarié peut obtenir une indemnité fixée selon le barème de l'article L. 1235-3 du Code du travail, en fonction de son ancienneté et de la taille de l'entreprise.
Sources officielles consultées le 27 octobre 2026 : fiche Service Public Entreprendre « Licenciement économique : obligations de l'employeur » (vérifiée le 3 avril 2026) ; fiches Service Public « Contrat de sécurisation professionnelle » (vérifiée le 6 août 2026) et « Congé de reclassement » (vérifiée le 1er juin 2026) ; Code du travail, articles L. 1233-3, L. 1233-4, L. 1233-5, L. 1233-15, L. 1233-16, L. 1233-45, L. 1233-67, L. 1234-1, R. 1234-2, L. 1235-2, L. 1235-13 et L. 1471-1. Cet article donne une information générale et ne remplace pas l'analyse d'un dossier par un avocat.

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