Arrêt maladie de 60 jours, accident du travail, maternité : quand passer la visite de reprise, dans quel délai, avec quelle dispense depuis juin 2026, et comment contester l'avis du médecin du travail.

Par la rédaction d'Avocats de Confiance · Publié le 29 octobre 2026. La visite médicale de reprise est l'examen que le médecin du travail fait passer au salarié qui revient après une longue absence : au moins 60 jours d'arrêt pour une maladie ou un accident non professionnel, au moins 30 jours pour un accident du travail, après une maladie professionnelle quelle que soit la durée de l'arrêt, et après un congé de maternité. L'employeur doit saisir le service de prévention et de santé au travail, qui fixe l'examen au retour au travail, au plus tard 8 jours après la reprise effective. Depuis le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026, une dispense existe pour les arrêts délivrés à partir du 15 juin 2026, lorsqu'une visite de pré-reprise concluante a eu lieu peu avant.
Ce guide, à jour en 2026, s'adresse à tout employé du secteur privé qui doit bénéficier de cette visite : cas où la visite est obligatoire, délai de mise en place, rôle de l'employeur, nouvelle dispense, différence avec la pré-reprise et le rendez-vous de liaison, déroulement, avis du médecin, salaire et recours. Chaque règle renvoie au Code du travail et à la fiche officielle de Service Public reprise par le Code du travail numérique (mise à jour le 31 août 2026).
| Question | Règle en 2026 | Source |
|---|---|---|
| Arrêt maladie ou accident non professionnel | Visite obligatoire après au moins 60 jours d'absence | C. trav., R. 4624-31 |
| Accident du travail | Visite obligatoire après au moins 30 jours d'absence | C. trav., R. 4624-31 |
| Maladie professionnelle | Visite obligatoire quelle que soit la durée de l'absence | C. trav., R. 4624-31 |
| Congé de maternité | Visite obligatoire au retour | C. trav., R. 4624-31 |
| Qui l'organise ? | L'employeur saisit le service de prévention et de santé au travail dès qu'il connaît la date de fin de l'arrêt | C. trav., R. 4624-31 |
| Délai | À la reprise effective, au plus tard 8 jours après | C. trav., R. 4624-31 |
| Dispense (arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026) | Pré-reprise récente concluant à l'absence de mesure nécessaire, sauf demande du salarié, de l'employeur ou du médecin | Décret n° 2026-503 |
| Contester l'avis du médecin | Conseil de prud'hommes, procédure accélérée au fond, sous 15 jours | C. trav., L. 4624-7 et R. 4624-45 |
Le Code du travail parle d'« examen de reprise du travail ». Réalisé par le médecin du travail quand le salarié revient dans l'entreprise, il ne sert pas à contrôler l'arrêt de travail : il vérifie que la personne peut reprendre son poste de travail sans danger pour sa sécurité. Il s'inscrit dans le suivi individuel des travailleurs, comme la visite d'information et de prévention prévue après l'embauche, et permet d'assurer un retour au travail dans de bonnes conditions.
L'article R. 4624-32 du Code du travail lui fixe quatre objectifs :
C'est un moment charnière : il conditionne la façon dont le salarié retrouve son emploi et peut, dans les situations difficiles, aboutir à un licenciement.
Trois dispositifs entourent la reprise après une longue période d'absence. Ils n'ont ni le même moment ni la même portée.
| Dispositif | Quand ? | Qui le déclenche ? | À quoi sert-il ? |
|---|---|---|---|
| Rendez-vous de liaison | Pendant l'arrêt, au-delà d'une durée fixée par décret | L'employeur ou le salarié ; refus du salarié sans conséquence | Informer sur les actions pour prévenir la désinsertion professionnelle (C. trav., L. 1226-1-3) |
| Visite de pré-reprise | Pendant un arrêt de plus de 30 jours | Le salarié, le médecin traitant, les services médicaux de l'assurance maladie ou le médecin du travail | Préparer la reprise : adaptations, formations (C. trav., L. 4624-2-4 et R. 4624-29) |
| Visite de reprise | À la reprise, sous 8 jours | L'employeur, qui saisit le service de prévention | Vérifier l'aptitude au poste et émettre un avis (C. trav., R. 4624-31 et R. 4624-32) |
Il existe aussi une visite à la demande (C. trav., R. 4624-34) : le salarié ou l'employeur peut solliciter un examen à tout moment. Le salarié peut notamment la demander lorsqu'il anticipe un risque d'inaptitude, et cette démarche ne peut entraîner aucune sanction.
Elle n'est pas systématique après chaque arrêt. Le Code du travail (R. 4624-31) retient quatre situations.
Après une absence pour cause de maladie ou d'accident non professionnel d'au moins 60 jours, la visite est obligatoire. Ce seuil date de la réforme de la santé au travail entrée en vigueur le 31 mars 2022. En dessous, le Code du travail ne l'impose pas, mais le salarié peut toujours demander à voir le médecin du travail. Une convention collective peut prévoir des règles plus protectrices : vérifiez la vôtre.
Après un accident du travail ayant entraîné au moins 30 jours d'absence, la visite est obligatoire. Pendant l'arrêt, hors accident de trajet, la suspension du contrat de travail s'accompagne d'une protection du salarié : l'employeur ne peut rompre le contrat que pour faute grave ou impossibilité de le maintenir pour un motif étranger à l'accident (C. trav., L. 1226-7 et L. 1226-9).
Après une maladie professionnelle, la visite est obligatoire sans condition de durée, et la même protection s'applique. La salariée qui revient de congé de maternité en bénéficie également.
Dès que l'employeur connaît la date de fin de l'arrêt, il doit organiser la visite en saisissant le service de prévention. L'examen a lieu à la reprise effective du travail, et au plus tard dans les 8 jours suivants, comptés en jours calendaires selon la fiche officielle : un salarié qui revient un lundi doit être reçu au plus tard le mardi de la semaine suivante. La visite peut se dérouler en présentiel ou, sous conditions et avec l'accord du salarié, en téléconsultation.
L'obligation pèse sur l'employeur : le salarié n'a pas à organiser lui-même la visite. Il a toutefois intérêt à prévenir son employeur de la date de fin de son arrêt dès qu'il la connaît, par lettre ou courriel conservé, car c'est cette information qui lance le calendrier.
Un employeur qui ne saisit pas le service de prévention, ou le saisit trop tard, manque à une obligation réglementaire. Le salarié peut lui demander par écrit d'organiser l'examen. S'il subit un préjudice, par exemple parce qu'il a repris un poste incompatible avec son état, il peut saisir le conseil de prud'hommes pour en demander réparation. Comme c'est lors de cet examen que l'aptitude au poste est appréciée, son absence peut aussi fragiliser les décisions prises ensuite par l'employeur.
Tout dépend des faits : dates, échanges écrits, poste occupé. Un avocat en droit du travail peut évaluer si un manquement ouvre droit à réparation et par quel moyen le prouver.
Le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 relatif aux modalités des visites de préreprise et de reprise a modifié les articles R. 4624-30 et R. 4624-31 du Code du travail. Il concerne les arrêts délivrés à compter du lendemain de sa publication, soit depuis le 15 juin 2026 selon la fiche officielle.
Pour ces arrêts, l'examen au retour n'est plus requis si deux conditions sont réunies :
La dispense n'est jamais imposée : la visite a lieu dès que le salarié, l'employeur ou le médecin du travail la demande. Un salarié qui ressent encore des difficultés, ou dont l'état a évolué, a donc intérêt à la demander expressément, de préférence par écrit.
| Situation | Arrêt délivré avant le 15 juin 2026 | Arrêt délivré depuis |
|---|---|---|
| Aucun examen préalable | Visite obligatoire | Visite obligatoire |
| Pré-reprise dans les 30 jours, aucune mesure nécessaire | Visite obligatoire | Visite non requise, sauf demande |
| Examen préalable avec mesures préconisées, ou plus ancien | Visite obligatoire | Visite obligatoire |
Le même décret prévoit que le médecin du travail informe l'employeur de l'organisation de la pré-reprise, sauf opposition du salarié (C. trav., R. 4624-30).
Ouverte au salarié en arrêt de plus de 30 jours (C. trav., R. 4624-29), la pré-reprise peut être demandée par le salarié, son médecin traitant, les services médicaux de l'assurance maladie ou le médecin du travail, dès lors que la reprise est anticipée (L. 4624-2-4). L'employeur doit informer le salarié qu'il peut en bénéficier.
Le médecin du travail peut alors recommander des adaptations du poste, des préconisations de reclassement ou des formations professionnelles pour faciliter la suite. Il s'appuie si besoin sur le service social du travail et transmet ses recommandations à l'employeur et au médecin conseil, sauf opposition du salarié, pour favoriser le maintien dans l'emploi. Le salarié reste en arrêt pendant cet examen, qui lui permet d'anticiper les difficultés d'après le retour et, depuis juin 2026, d'éviter une seconde visite lorsque tout va bien.
Prévu par le Code du travail (L. 1226-1-3), il réunit le salarié et l'employeur, avec le service de prévention, pendant un arrêt dépassant un seuil fixé par décret. Il informe le salarié des actions pour prévenir la désinsertion professionnelle et de la pré-reprise. Il a lieu à l'initiative de l'un ou l'autre, et aucune conséquence ne peut être tirée du refus du salarié d'y participer. Ce n'est pas un examen médical.
Le médecin du travail interroge le salarié sur son état de santé, son poste et ses conditions de travail, puis l'examine. Il peut s'appuyer sur les éléments recueillis lors de l'examen préalable éventuel et sur les propositions de l'employeur. Avant le rendez-vous, il est utile de préparer :
| Décision | Ce que cela signifie | Ce que doit faire l'employeur |
|---|---|---|
| Reprise sans réserve | Le poste est compatible avec l'état de santé | Permettre au salarié de reprendre son poste ou un poste équivalent |
| Reprise avec adaptations | Adaptation ou transformation du poste, ou du temps de travail | Mettre en œuvre les préconisations ou expliquer par écrit pourquoi il ne le peut pas |
| Avis d'inaptitude | Le salarié ne peut plus occuper son poste | Chercher un autre emploi adapté, puis, à défaut, licencier |
Avant de déclarer un salarié inapte, le médecin doit, selon le Code du travail (R. 4624-42), avoir réalisé au moins un examen médical, une étude du poste et des conditions de travail dans l'établissement, et un échange avec l'employeur. S'il l'estime nécessaire, il prévoit un second examen sous 15 jours.
Le salarié qui reprend son poste retrouve sa rémunération habituelle. S'il est déclaré inapte et n'est ni reclassé ni licencié un mois après l'examen, l'employeur doit lui verser de nouveau le salaire correspondant à son emploi antérieur (C. trav., L. 1226-4 pour l'origine non professionnelle, L. 1226-11 pour l'origine professionnelle).
L'employeur doit d'abord proposer un autre emploi approprié aux capacités du salarié, dans l'entreprise ou le groupe, aussi comparable que possible au précédent, au besoin par des mutations, transformations de postes ou un aménagement du temps de travail (L. 1226-2). Ce n'est qu'à défaut qu'il peut licencier. En cas d'origine non professionnelle, le préavis n'est pas exécuté et ne donne pas lieu à indemnité compensatrice ; le contrat est rompu à la date de notification du licenciement.
Les montants dus sont détaillés dans notre guide sur les indemnités de licenciement pour inaptitude ; les obligations de l'employeur sont expliquées dans notre dossier sur l'obligation de reclassement du salarié inapte.
Le salarié comme l'employeur peut contester un avis, une proposition, des conclusions écrites ou des indications du médecin du travail reposant sur des éléments de nature médicale, qu'il s'agisse d'un avis d'inaptitude ou d'un avis d'aptitude jugé inadapté. La contestation est portée devant le conseil de prud'hommes selon la procédure accélérée au fond (C. trav., L. 4624-7).
Il faut agir vite : 15 jours à compter de la notification de l'avis (R. 4624-45), et les voies de recours doivent figurer sur l'avis. Le conseil peut confier une mesure d'instruction au médecin inspecteur du travail ; sa décision se substitue à l'avis contesté. Mieux vaut consulter un avocat en droit du travail dès la remise de l'avis. Pour les autres litiges, notre guide sur la saisine du conseil de prud'hommes présente la procédure.
Agents publics : les règles de la fonction publique sont distinctes (par exemple le temps partiel pour raison thérapeutique des contractuels, décrit par la fiche Service Public F12391) et ne sont pas traitées ici.
Pour aller plus loin, consultez nos articles sur l'indemnisation de l'arrêt maladie en 2026, sur le licenciement pour absence prolongée et sur les congés payés acquis pendant un arrêt maladie.
La visite médicale de reprise paraît une simple formalité, mais elle commande la suite du contrat de travail : réintégration, adaptation du poste, reclassement ou licenciement. Un avocat en droit du travail vérifie le respect des délais, analyse l'avis du médecin, aide à le contester à temps et défend les droits du salarié si une procédure est engagée. Pour trouver un professionnel, consultez nos sélections d'avocats en droit du travail à Versailles, dans les Yvelines, à Paris et en Île-de-France, ainsi que notre guide pour choisir un bon avocat.
Oui, après une absence d'au moins 60 jours pour une maladie ou un accident non professionnel. En dessous, le Code du travail ne l'impose pas, mais le salarié peut demander à voir le médecin du travail à tout moment, sans risque de sanction.
À la reprise effective du travail, et au plus tard 8 jours après. L'employeur saisit le service de prévention dès qu'il connaît la date de fin de l'arrêt.
L'employeur. Le salarié doit seulement l'informer de la date de fin de son arrêt et se présenter à la convocation.
Après une absence d'au moins 30 jours. Après une maladie professionnelle, la visite est toujours obligatoire.
Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026, la visite n'est plus requise si une pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours précédant la reprise et que le médecin du travail n'a jugé nécessaire aucune mesure. Le salarié, l'employeur ou le médecin peut toujours la demander.
Celle-ci a lieu pendant un arrêt long et prépare la suite. La visite de reprise vérifie l'aptitude au poste et peut déboucher sur un avis d'inaptitude.
Oui. Il n'est pas obligatoire et aucune conséquence ne peut être tirée de ce refus.
En saisissant le conseil de prud'hommes, procédure accélérée au fond, sous 15 jours à compter de la notification. Mieux vaut consulter un avocat sans attendre.
Oui. Un mois après l'examen, l'employeur doit reprendre le versement du salaire correspondant à l'emploi occupé avant l'arrêt.
Sources officielles consultées le 29 octobre 2026 : fiche « Un salarié doit-il passer une visite médicale après un arrêt de travail ? » (Service Public, reprise par le Code du travail numérique, mise à jour le 31 août 2026) ; décret n° 2026-503 du 12 juin 2026, cité dans les notes sous R. 4624-30 et R. 4624-31 ; Code du travail, R. 4624-29, R. 4624-30, R. 4624-31, R. 4624-32, R. 4624-34, R. 4624-42, R. 4624-45, L. 4624-2-4, L. 4624-7, L. 1226-1-3, L. 1226-2, L. 1226-4, L. 1226-7, L. 1226-9, L. 1226-11. Information générale, qui ne remplace pas l'analyse d'un dossier par un avocat.

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